[Les Ithryn Luin]

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 Une pierre à la drôle de forme.

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Alquäloth
MinItrhyn de luxe
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Jeu : Ithryn Luin
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Date d'inscription : 30/10/2006

MessageSujet: Une pierre à la drôle de forme.   Ven 22 Aoû - 22:02

J'ai cru tant de fois que je ne remettrai jamais les pieds ici...
De trop nombreuses fois j'ai contemplé cette pièce en pensant que je ne la verrai plus jamais...
Pourquoi cet empressement ? D'où venait-il ? Pourquoi cette hâte sinistre à quitter un endroit qu'on chérit, à vouloir s'en aller, encore et encore ? Surtout quand on sait au fond de soi qu'on reviendra, toujours...
Je ne m'en suis jamais vraiment allée. J'ai toujours été là, depuis que je suis arrivée, enfin, plus ou moins. Et les jours entiers où je m'absentais pour aller chasser ou vaquer à des occupations qui devaient se dérouler hors de l'enceinte de la cité, combien de fois le cœur m'est remonté dans la gorge à l'idée, sur le chemin du retour, que tout avait disparu, que la forteresse n'était plus qu'un souvenir et que tout ce pourquoi je vivais aurait été enfoui sous les décombres du temps...
Aujourd'hui, presque invisible parmi cette cité qui se glace, cette pierre qui se fige et ces murs qui tombent en lambeaux comme de vulgaires chutes de tissus, je suis à ma place. Toujours vêtue de sombre, je porte le deuil constant des trop nombreux morts qui vivaient autrefois entre ces murs et que j'ai aimé. Qui aurait cru que cette fille elfe que je suis, bannie de son pays il y a si longtemps que c'est dur de s'imaginer que ça a existé, ferait tout ce chemin pour en arriver là ? Je tombe en miettes avec la cité.

N'empêche, je ne la quitterai pas.

La décision m'est venue il y a peu. Très peu, en fait. Cette idée cheminait dans mon esprit, me narguant. Je ne l'acceptait pas, ne la refoulait pas non plus. Indifférente, tapie dans mon bosquet aux arbres maintenant tout tordus, assise parmi les broussailles qui s'épaississent de jour en jour, face aux tours inhabitées qui tombent en rideau, et à la fontaine qui s'est à présent tarie...Même le lac s'assèche. Ce n'est pas un manque d'eau, il en tombe, de l'eau, des trombes glacées et désespérantes. Je crois que le lac, comme moi, comme eux tous, s'est fatigué. Et à quoi bon le ressusciter, à quoi bon faire semblant de revivre pour le voir revivre aussi ? Tout est mort de toute façon, tout meurt, même la végétation dense qui semble reprendre ses droits sur les vertes pelouses qui coloraient la pierre grise des nombreuses cours de la forteresse, c'est que de la feuille morte, des ronces sans vie, sans âme, drainant juste la sève nécessaire pour s'étendre un peu plus. J'ai failli être enseveli sous les mauvaises herbes. On aurait pu me croire morte. Même les animaux fuient ce lieu. Les oiseaux ont déserté la forêt des Murmures. Les cerfs ne gambadent plus dans la forêt. J'étais le seul animal, tapi furtivement sous les herbes hautes.

Mais je suis restée...Je ne suis pas morte, ni enfuie. Je me suis finalement extirpé de mon carcan de solitude et de broussailles, et je suis remontée dans la forteresse. J'avais oublié à quel point elle était grande. Elle le semble encore plus maintenant qu'il n'y a plus personne pour écouter l'écho de mes pas. Même lui, l'écho, s'est tu. Il a dû s'être lassé de reproduire les bruits du passé alors que personne ne les entend.

La salle commune...

Mon endroit préféré. Celui où je me réfugiais, où je me réfugierai toujours. Mon fauteuil. Le même que d'habitude, près de la cheminée. Comme toujours, cela au moins n'a pas changé. Une bûche dans l'âtre, une étincelle, et ça repart. Les murs ont l'air surpris de voir cette soudaine lueur chaude faire danser des ombres sur leurs pierres. Les murs sont chatouilleux...Ils rient, je les entend. Le feu les réchauffe. Et moi aussi, je réchauffe mes mains transies à la flamme. Le feu à toujours été beau. Magique. Enigmatique. Incroyable...Je pense comme Miw, toujours à jouer avec le feu comme avec un chaton...Mais c'est vrai. C'est un bon atout pour se détendre, pour réfléchir...Cela, c'est Sinekein qui me l'avait dit, il y a longtemps. Faudrait que je lui dise que ça marche...Boadicea, en revanche, je me souviens surtout de la colère qu'elle avait piquée quand cette sorcière de félys avait enflammé les arbres autour du lac...J'ai cru qu'elle allait tous nous tuer...Moi qui n'était pas dans un état très brillant, déjà...C'était le jour où Nenya est arrivée. Nenya, qui est partie, elle aussi. Qu'est-elle devenue...? Je me demande si ce nid d'oiseaux-voyageurs est toujours dans la forêt là où je l'avais découvert...Ce serait pratique pour...

...pour...

Pour rien. Rien du tout. Il n'y a plus personne.
Enfin, si.
Il y a moi.
C'est pour ça que je reste, que je tomberai en lambeaux en même temps que la pierre qui m'a protégé et fait sourire. Combien de sacrifices ai-je fait pour pouvoir venir LES rejoindre ? Ce fut dur, mais j'ai été heureuse parmis eux. Je ne peux partir. Ce serait pire que de mourir.
Et donc, je reste.
Pour qu'il y est toujours quelqu'un, un gardien, silencieux et qui deviendra de pierre, comme les murs de la forteresse.
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