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 Déambulations d'une jeune elfe ingénue

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Niniel
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MessageSujet: Déambulations d'une jeune elfe ingénue   Sam 7 Juin - 11:46

Musique

Saurez vous où me trouver ?

Un petit effort, ce n'est pas si difficile !
Deux endroits pour deux vies...

La nature sous toutes ces formes, les forêts fleuries du printemps, celles de feuillus oranges et jaunes l'automne, les sapins couverts de neige, les vastes prairies, les montagnes et mers, les plages, les galets ou les rochers, les mers calmes ou tumultueuses, les eaux douces, les sources chaudes, les champs de blé et coquelicots...
Toutes terres mystérieuses emplies de vie végétale et animale, de couleurs chaudes et chatoyantes, ou alors un monde en noir et blanc, épurée. Où les sensations ne manquent pas : le froid brûlant de la neige, la douceur des rayons lumineux qui caressent notre peau, le vent qui nous effleure, joue avec nos cheveux, nos robes, les feuilles, l'eau...
Un monde de douceur, où chaque pas trouve son lit de mousse, ou tout au contraire un monde dur où nos pieds ne trouvent que galets et roches pointues.
Ressentir à chaque instant l'air se déplacer autour de nous, ressentir par le toucher, l'ouïe et la vue...
Ainsi je pourrais passer des heures à regarder ma main flotter dans l'atmosphère, sentir sa fraîcheur selon ses mouvements, essayer d'attraper l'air et le regarder s'enfuir...

Je passe mes journées à flâner dans la nature, à regarder, à admirer, à accomplir quelques rituels étranges, rattraper le temps perdu dans ma jeunesse.
Libre comme le vent dont je suis chaque mouvement, solitaire comme la lune qui suit son propre chemin ou comme la vague qui se fracasse sur les rochers, mais comme ces deux dernières je suis aussi rattacher à quelque chose : la vie, des compagnons. Comme la Terre pour la lune, les fonds marins pour la vague...

Comme la vague creuse le rocher, je me fait ma place dans ce monde, à coup de regards désarmants plutôt qu'à coup d'épée, charmer vaut mieux que de se battre.
Je ne suis ni guerrière, ni diplomate, trop frêle et peu bavarde...
Dans mon regard vous devinerez mes pensées, ou plutôt celles que je vous laisserais croire. Les mots deviennent inutiles quand d'un regard on se comprend.

Si je n'erre pas dans les campagnes, vous me trouverez à la cour des Miracles...
Je n'ai pas l'air si misérable, ni miraculée, ni triste, ni affreuse, mais pourtant c'est le lieu que j'ai choisi.
C'est là-bas que j'aide les miséreux, engendre les miraculées, translet un peu de joie...
Parfois mendiante, j'échange votre or contre mes bénédictions.
D'autres fois intrigante, ni trop près, ni trop loin du monde...

Et quand l'envie me prend, au son des pas sur les pierres, des bâtons qui tapent le sol, ou encore des luths et des tambourins dans les jours de chance où il y a un musicien, je danse.
Je danse pour vous, regardez moi !
Danses endiablées ou langoureuses, envoûtantes, regardez moi, rien que moi, rien d'autre !
Oubliez tout le reste du monde lorsque je danse.
Regardez moi, pendant que vos poches se vident, détroussées par mes compagnons pour remplir les nôtres, acheter des boissons pour nous saouler et des belles robes pour danser à nouveau.
Regardez moi, je danse et le diable m'emporte, le mâlin redessine mon sourire, les flammes s'emparent de mon regard, j'avais l'air si frêle, maintenant la folie transparait, j'avais l'air apeurée et hésitante, maintenant déterminée. Et pourvu que je hante vos nuits.

Prêtresse régit par sa bonté, aidant les pauvres, soignant les blessés, redonnant vie aux « miraculés », mais pècheresse quand je danse, avec pour seul dessein celui de vous divertir pour mieux que vos bourses se déversent...
Vous repartirez l'âme et le corps légers, soyez en sûr.


Fragile, et pourtant solitaire.
Intouchable, jamais trop proche, jamais trop loin...
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Niniel
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MessageSujet: Re: Déambulations d'une jeune elfe ingénue   Sam 7 Juin - 11:47

Allongée dans l'herbe à scruter le ciel et ses apanages de mousse blanche aux formes rondes, du coton qui s'est envolé en masse et qui flotte loin là-haut, intouchable et inconsistant.
Je voudrais les saisir comme l'air et l'eau, je les imagine comme un bout de coton fibreux qu'on peut étirer et déformer à l'infini, doux, léger...
Je les regarde maintenant comme je regarde le monde, donnant un nom à leur forme, imaginant ce que je veux, ne voyant que ce que j'ai envie, quitte à les déformer par la pensée...
Rêveuse...

Aujourd'hui je revois ma mère et mon père, dans leurs arrondies, leurs creux et leurs trous, je les déforme pour les vieillir ou les rajeunir...
Ces deux êtres qui m'ont trouvé et accueilli, adopté... Je fus leur fille, et jamais je n'ai eu d'autres parents.
Deux humains que le temps use et assassine...
Aujourd'hui ils ne sont plus là et je dois m'occuper de leurs terres, bien qu'ils n'aient jamais pensé à m'apprendre...
Quel âge avais-je quand ils m'ont trouvé ? Qui saurait le dire, je grandis si lentement. J'en faisais 2,3 ans, j'en avais certainement bien plus.


Je me rappelle de ma jeunesse, il y a peu pour moi, il y a longtemps pour eux.
Je courais dans le château, entre les pierres grises et froides, sous la jupe de ma nourrice, je jouais à cache-cache avec elle, pendant de longues années je ne me lassai pas de ce jeu
J'ai dû l'épuiser la pauvre...
Jamais je n'en sortais, sauf dans la cours centrale, et je ne voyais du monde que ce que les petites fenêtres coincée entre deux pierres voulaient bien me laisser voir...
Alors j'imaginais, je rêvais, j'inventais les créatures qui peuplaient ces terres et je les invitais dans mon château de milles couleurs et envahi par des plantes en fleurs...
Ils voulaient faire de moi leur fille, faire croire que j'étais vraiment la leur, mais je grandissais si lentement, le temps passait, les rides s'accentuaient sur leur visage, se creusaient, se multipliaient, leurs cheveux blanchissaient et je restais une gamine : jolie, joyeuse, enthousiaste, charmante mais toujours si petite...
Ma mère a fini par tomber enceinte, ils étaient si heureux...
Malheureusement, elle mourut en couche et le bébé, si fragile, ne tenu pas plus de quelques mois.
Je me retrouvais seule avec mon père, coincée entre ces quatre murs, la mélancolie et la morosité s'emparaient du château comme elles s'emparaient de nous...
J'avais grandi, j'avais changé, toujours gamine mais avec une apparence de femme, mais je n'étais plus cette gamine joyeuse, riant en permanence, bavarde et courant dans tous les sens, infatigable et jamais triste...
Je parlais peu, assagie par l'ambiance et les couleurs ternes d'ici...
Ma nourrice était morte de vieillesse, mon père malade...

Mais avec mes airs d'adultes, je pu enfin parcourir le monde, le découvrir, ou plutôt le voir comme dans mes rêves de gosse.
Quelques mois plus tard mon père mourut, me laissant sa propriété...

Maintenant je suis là, toujours rêveuse et enthousiaste, mais plus si démonstrative...
Je fais 20 ans pour un humain, j'en ai en réalité bien plus, et bien moins en maturité... encore une jeune elfe.
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Niniel
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MessageSujet: Re: Déambulations d'une jeune elfe ingénue   Sam 7 Juin - 11:48

Ma nourrice me trouvait si gracieuse qu'elle a tenu à ce que j'apprenne la danse.
Il est vrai que c'est pratique, quand on grandit si lentement on a bien le temps d'apprendre à exécuter nombre de mouvements, même parmi les plus durs.
Au début c'était de temps, et puis de plus en plus. J'ai appris à adorer cela lorsque j'ai compris que chaque mouvement avait un sens, était porteur d'une émotion.
La danse pouvait remplacer les mots, alors j'y ai mis tous mon cœur, oubliant peu à peu quelques rigueurs de la technique... et peu importe...
Parmi mes rares spectateurs, aucun ne serait capable de voir de tels erreurs... il n'y a que les sentiments qui passent, le reste compte si peu.
Je pouvais tout faire en dansant, même descendre un escalier, j'ai longtemps pris des cours, plusieurs heures par jour, toutes sortes de danses, des plus classiques aux plus sauvages en passant par les danses gitanes.
Je ne n'en maitrisais vraiment aucune, sauf peut-être les plus classiques, mais il en ressortait un savant mélange, un joli fourre-tout masquant les lacunes.

J'apprenais à jouer des personnages par la danse, mon théâtre des mouvements, laissant tomber le spectacle des mots, un jour démone, un jour angélique, provocatrice ou sauvage, j'en avais fait mon unique moyen d'expression, devant de plus en plus taciturne.

En même temps que la danse, on me fit étudier la religion.
Il ne me fallut pas beaucoup de temps pour transcrire les prières en danses, j'allais même danser devant leurs autels.

Et puis elle est morte, mes danses sont devenues de plus en plus sombres et tragiques dans ce lieu où la joie avait totalement disparue, étouffée par la mélancolie de mon père.
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