[Les Ithryn Luin]

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 Nuit d'été à l'auberge de la Tête Fendue...

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Djaya
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MessageSujet: Nuit d'été à l'auberge de la Tête Fendue...   Dim 2 Déc - 22:50

C'est ici.

Je connais les lieux, j'y suis déjà venue, et de toute manière, avec l'enseigne qui se balance sur fond de lune, pas d'erreur possible. Le crâne hilare d'une grosse bestiole genre troll ou quelque chose d'aussi con et aussi vert, avec une hache plantée dans le front. Accueillant, y'a pas à dire... Et pourtant le boui-boui ne désemplit pas, sauf au plus creux de la nuit. Les gens n'ont aucun goût, vraiment.

A cette heure-ci, tout est calme...
Il est trop tôt pour les ouvriers, trop tard pour les poivrots, qui gisent déjà le long des caniveaux de la rue, répandus au milieu de tout ce qui a pu leur échapper dans leur inconscience... Ca ronfle et ça pue. Je fronce le nez.

C'est là, je scrute la fenêtre depuis plus d'une heure depuis le toit d'en face. Je vois flotter les rideaux, aucune lumière, aucun bruit. C'est là qu'il dort après sa nuit de débauche, comme du plomb sans doute, un sommeil ivre de femmes et de vin... Ah elle est jolie la noblesse...

Alors, monsieur le Vicomte, on se cache ? On se les joue jeune fugueur, on s'enfuit de chez son papa très riche avec les poches pleines d'or, et on s'amuse à dilapider tout ça dans les bouges des bas-quartiers, on dort dans la meilleure chambre de l'auberge la plus miteuse, en se racontant des histoires romantiques, genre "ils ne viendront jamais me chercher ici" ? Tout ça pour repartir la queue entre les jambes et les bourses à sec, une fois tout le pécule évaporé, saturé de plaisirs vulgaires...

C'est pour dans deux ou trois semaines, je pense... Là tu viens juste d'arriver... Je t'ai observé depuis le fond de la salle, alors que tu buvais du vin en pelotant deux filles grasses comme des fonds de poële. Et tu l'as sur toi. Et je la veux...

Elle fermait ton col et retenait les flots de dentelles, et elle luisait doucement dans la lueur des lanternes. Eclat sourd, discret... Eclat qui échappe aux yeux de ceux qui ne savent pas. Moi je sais... Et je veux. Elle est à moi. Elle me regarde, son grand oeil poli me regarde et me reconnaît. Un oeil pareil aux miens, jaune et luisant... La plus belle topaze que j'aie vue, sertie dans ses volutes délicates d'or presque blanc. Ma topaze.

Je l'ai guettée toute la soirée, guetté ses reflets d'or liquide à travers la dentelle blanche, grincé des dents quand tu l'as dégraffée pour ouvrir ton col, la laissant pendre, négligent, inconscient... Sale gosse de riches, tu ne sais pas, tu n'as aucune idée de ce qu'elle vaut... Tu ne la mérites pas.

Tapie derrière une cheminée j'attends que la lune se cache. Les nuages s'amoncellent lentement, ça ne devrait plus être très long. Les rideaux ondulent dans la brise de la nuit, ils m'hypnotisent, quelque part dans cette chambre, si la pute qui a vendu ta cachette n'a pas menti, tu dors, et elle m'attend.

La lune s'estompe derrière un voile, l'obscurité s'épaissit, c'est le moment. Ombre souple et silencieuse, je me glisse jusqu'au bord du toit. Mes bottines de daim noir ne glissent pas, mes chausses collantes n'accrochent à rien. Je suis un chat noir sur un toit, un chat noir qui gagne sans un bruit les branches du gros arbre. Et de branche en tronc, de tronc en branche, je gagne l'autre toit.

Prudence... Ce côté-ci de la rue est plus exposé. Immobile, accroupie au bord du toit, j'attends, aux aguets. Tout est calme... Silence profond et frémissant du plus frais de la nuit. C'est le moment. Ne pas attendre que la lune se dévoile.

J'avance le long du toit, je gagne l'aplomb de ta fenêtre. Il y a un petit balcon sous l'autre, mais elle est fermée. J'y descends en douceur, me plaque contre la balustrade. Oui. C'était bien ça. Un mince rebord, une paume de large à peine. Plus qu'il n'en faut.

J'enjambe la balustrade. Trois mètres jusqu'à la fenêtre ouverte, un jeu d'enfant. Les flots de rideaux blancs et mousseux me dérangent, mais c'est facile de se glisser dessous, facile de m'asseoir sur le rebord de la fenêtre de passer mes jambes à l'intérieur, et vite, me plaquer au mur, dans l'ombre.

Et regarder, écouter, sentir. Tous les sens en éveil.


[à vous messire Wink ]
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Maël d'Adélaïde
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MessageSujet: Re: Nuit d'été à l'auberge de la Tête Fendue...   Mer 5 Déc - 1:32

Déjà quelques mois que je traîne mes guêtres dans la bourgade, et mes économies ne sont plus que peau de chagrin à jouer la grande vie avec mes poches percées.

Voilà donc qu’il m’a fallu trouver un travail honnête dans cette existence repentie que je mène désormais.
Comédien, un rôle qui me va à ravir. Surtout lorsque le tenancier d’une ‘honnête’ auberge, vient à me contacter pour essayer de me faire sortir mon mouchoir à défaut de sa bourse.
Quartiers chauds, baisse de l’activité, des profits, les clients ne viennent plus, sa femme est morte écrasée par un accident de course d’échasse en binôme avec une jambe liée…
Bref, le pingre a tout de même lâché une bourse joliment remplie, un séjour all inclusive, pour acquérir le Vicomte de Mortepierre. Le contrat est simple, je me fais passer pour un nobliaux en perdition dans un haut lieu de débauche, j’anime les soirées, fait tourner quelques verres à droite à gauche, palpe un peu la gueuse en lui faisant miroiter une vie meilleure.

Et le pire, c’est que ça marche ! A peine quelques soirées et déjà, le bouge se remplit comme le dégeuloir d’un ivrogne après une cuite. La nouvelle se répandait très vite qu’un illustre monarque venait s’accoquiner discrètement dans l’Auberge de la Tête Fendue. Rumeur alimentée par les confidences faites à quelques ivrognes qui vendraient leur mère pour un verre de rhum, par l’heureuse épouse du tenancier mystérieusement revenue d’entre les morts… Rien que ça.

Qu’importe la fête battait son plein tous les soirs, une farandole de femmes aux mœurs légères venait me courtiser de façon ostentatoire et moi, je me contentais de leur rendre la pareille. Les abrutis et naïfs rappliquaient en nombre, juste pour voir un représentant de cette caste dirigeante, que je me contentait de caricaturer, dépeignant leurs traits les plus ridicules.




Voilà des heures, que je rends des sourires de connivences avec la plèbe, fagoté de mes plus beaux atours, les restes d’une ancienne vie, trésors récoltés par delà des années d’arnaque. Quelques babioles, colifichets et surtout cette belle pierre qui siège près de mon cœur, la seule chose qui ne soit pas en toc dans le personnage.

Ce ridicule rictus figé sur mes lèvres, je chante, hurle, palpe, pelote.
Je suis le maître de soirée, nourri par des femmes au décolleté pigeonnant, offertes à la moindre de mes demandes.
Le patron veut de l’ambiance, et bien soit !

Ne te plaint pas si tes clients sont trop soûls, pour extirper les quelques piécettes qui te régleront ;
Ne te plaint pas s’il y a quelques bagarres qui te donneront l’occasion d’exiger un prix exorbitant pour le mobilier vermoulu qui sera détruit ;
Ne te plaint pas si au petit matin tes ivrognes refusent de quitter l’établissement ;
Ne te plaint pas…


Ce soir, milles et un convives se succèdent à ma table, laissant pourtant cette chaise vide. Et voilà plusieurs heures que je scrute ce siège abandonné dans cette partie de chaises musicales où deux sont de trop… Vide comme cet invité que l’on attend et qui ne viendra jamais. Vide comme mes poches le sont, où le seront bientôt, vide comme cette bouteille…

Tavernier, une autre !!!
Agitant la main tenant le récipient à sec.

Je bois, j’attends l’ivresse qui tarde à venir.
Je bois et vois cette assise esseulée.
Je bois et comble ces grands riens, un sourire sculpté sur les lèvres.

Vient le temps du défilé. Les rires gras, mon verre que je m’applique à descendre et qui n’a de cesse de se remplir, les poitrines, offertes et mes mains qui se promènent, la musique des chants éraillés, cette odeur de suif et de mauvais vin mêlé.
Le monde tourne et cette chaise accusatrice me dévisage, une mine de désapprobation sur les nervures de son bois. Un vertige, je souris niaisement à ces femmes et ces hommes.

Je leur vends un nobliau à la dérive, un de ceux qui ne vivra pas longtemps, un de ceux que l’on retrouvera un jour une lame en plein cœur dans la fange du caniveau.
Je vends ces êtres que j'ai tant détestés durant ma plus tendre enfance.
Je me vends…

Je me déteste…


C’en est trop ! Ivre de colère. Ivre de dégoût. Ivre, simplement… Je me lève saisissant une de ces fille de joie qui sent venir l’aubaine de plumer un aristo plus bon à grand-chose.
Un coup d’œil au tavernier.
Demain, mon ami, dix de ses consœurs battront le plancher de ton échoppe.


Dernière édition par le Mer 5 Déc - 13:07, édité 1 fois
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Maël d'Adélaïde
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MessageSujet: Re: Nuit d'été à l'auberge de la Tête Fendue...   Mer 5 Déc - 1:34




J’entre dans la chambre, un bras autour de la créature. Et déjà je l’abandonne, l’œil attiré par un éclat moribond, une image malsaine sur un des mur de la chambre.
Intrigué, j’approche et scrute le miroir à la hauteur d’un homme. Je me fige un instant.

Quel est cet être dont je regarde les traits, cette créature abjecte que j’abhorre ? Cette… cette chose, icône de vices qui me toise, arrogante.

Une main se glisse dans mon chemisier. Inquisitrice, elle s’élance dans des caresses sans saveur.
La catin a déjà délaissé sa robe, torse nue, ses seins effrontés tendus. Elle me lance un regard appuyé, mordillant ses lèvres. Sensuelle, lascive, elle se dandine m’invitant à une artificielle bagatelle.

Je la contemple un moment, mais l’envie n’y est plus. Le désintérêt ; le désir d’être seul.
Pars…
Ma voix n’est plus qu’un souffle, une supplique. Elle me dévisager interloquée.
Vas-t’en te dis-je !
J’enfuis une main dans une de mes poches et en sort une pièce que je lui glisse.
La nymphe disparaît, maugréant pour elle-même, de sa bonne ou mauvaise fortune, qu’importe.


Je n’ose affronter d’avantage le reflet. Je reste planté là, la tête pendouillante sur le coté, une marionnette à qui on a couper les fils.
Un masque de porcelaine a échoué sur le bureau, je ne sais pourquoi je m’évertue à me trimbaler ce truc, mais pourtant je m’en saisi et l’applique sur ce visage pour affronter la cruelle image.
D’abord, le blanc immaculé, les traits inexpressifs, quasi absents. Pas un rictus, pas une émotion. La lumière de la lampe sur une hémiface, l’ombre sur l’autre.
Puis l’éclat bleu acier, perçant comme une lame, et pourtant… humide.

Bas les masques !
J’abaisse la porcelaine et laisse apparaître un rictus ridicule, un sourire de courtoisie dans une expression faussement joviale. Un autre masque…

Je souris à cet homme qui s’est découvert une conscience, si lourde parfois. Je souris à cet homme plus heureux que par le passé, mais une plaie ne fait elle mal que lorsque l’on en a connaissance ?
Je souris et pourtant, une larme roule sur ma joue.
Une larme au goût salé de l’adition que l’on tarde à payer, une larme qui tombe dans une chute inexorable.
Une larme qui finalement frappe la pommette du froid masque de porcelaine jusqu’alors immaculé.
Une larme qui roule sur ce visage inexpressif, qui déjà l’est beaucoup moins.


Je saisi une bouteille échouée là et poursuit ma course effrénée contre l’ivresse. Je bois et pourtant elle m’échappe. Je m’abreuve appelant les fées artificielles de l’éthylisme pour faire taire cette sinistre soirée. Je les supplie. Mais non rien d’assez fort ne vient pour faire taire l’éclat dans ce regard, l’oppression qui enserre ma poitrine.
Rageusement, je fracasse la bouteille au sol. Mais ça non plus ne marche pas.
Qu’est ce que je recherche finalement ?

Frappé par une grande lassitude, je m’écrase dans le lit, souffle la flamme de la lanterne puis attends que les démons se lassent de me tourmenter.
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Djaya
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MessageSujet: Re: Nuit d'été à l'auberge de la Tête Fendue...   Mer 5 Déc - 14:05

La lune est revenue.
Les rideaux sont les mains blafardes de fantômes désolés qui implorent la nuit...
Je vois leur ombre qui se tord sur le plancher, sur le tapis de laine.
Un reflet. Verre brisé. Une flaque. Attention. Source de bruit, de blessures ou de glissades.
Je marque de rouge dans mon esprit les débris de verre. Zone dangereuse...

Une table devant l'autre fenêtre, baignée de lune elle aussi, un objet blanc, un masque.
Etrange, ce masque... Pourquoi posséderait-il ça, pourquoi le poserait-il en évidence, au milieu de la table ?
Je scrute l'objet, je cherche, je réfléchis.
Je n'aime pas quand je ne comprends pas.
Et je ne comprends pas le masque...
Mais baste. Ce doute-là importe peu.

Le grand lit dans la pénombre, les courtines restées ouvertes, la forme qui respire lourdement.
J'entends son souffle, lent, difficile... Effondré sur le dos, habillé encore, le visage tourné, dans l'ombre.
Ivre...
Je sens les relents d'alcool flotter jusqu'à moi, liqueurs sucrées et écoeurantes.
Seul.
Pas de putain fardée et abondamment parfumée pour masquer l'aigre odeur de sa misère, pas même de ces petites servantes falottes, trop maigres ou pas assez jolies pour attirer le désir des hommes.
Seul, saoûl, profondément endormi.
J'attends.
Je compte.
Inspire... Silence... Expire... Silence... Inspire...
Parfaitement régulier.
Pas le moment des rêves où l'esprit est éveillé, où les sens sont actifs, même si le corps reste inerte... Le moment des rêves est dangereux. Parfois ils entendent.

Un coup de vent attire les rideaux dehors, la lueur de la lune se fait plus vive et je la vois...
Elle est toujours épinglée à sa chemise ouverte.
Elle repose dans le creux du cou, elle chatoie doucement, se soulève avec sa poitrine, et retombe.
Si belle...
Chaude, lisse, elle doit être tiède aussi, à la chaleur de sa peau, vivante, presque...
Vivante...
Moi je la ferai vivre d'une autre vie que celle de cet indigne personnage, je la ferai tiédir d'une autre chaleur, ma chaleur à moi. A l'abri des yeux ignobles qui la salissent, je la garderai contre ma peau même, l'intérieur de ma tunique, invisible et secrète... Je la révèlerai au soleil quand nous ne seront que trois, le soleil, elle et moi. Elle ne sera qu'à moi, à moi seule... Toi, l'épave qui gît comme un mort dans ce lit souillé, tu n'es pas digne d'elle. Moi non plus, mais moi au moins je le sais...

Je le regarde respirer, je compte.
Je compte les pas pour contourner le lit, pour contourner le verre brisé et la flaque.
Dix-sept pas. Il s'est couché en travers du matelas, je vais devoir y grimper pour la prendre.
Mauvais...
Je suis légère, mais pas assez pour que le matelas ne bouge pas.
Et s'il grince...

Je me mords la lèvre, j'hésite...
Renoncer ? Non. Pas question.
Pas question...
Son éclat dans l'ombre, juste maintenant, comme par un fait-exprès...
Je ne peux pas la laisser.
Maintenant.

La lune s'est cachée à nouveau, la brise souffle et agite les rideaux, agite les ombres, et je m'y coule, dans les ombres mouvantes, je m'y cache.
7, 8, 9 pas.
La brise se calme, je suis dans la lumière, coeur qui accélère, contenir mon souffle, ne pas arrêter, continuer, un seul mouvement, uni et fluide, 12, 13, 14.
J'y suis. 17.
A la tête du lit, la table de nuit, la lanterne éteinte.
Une bourse vomit négligemment son contenu, je n'en ai cure, je ne suis pas ici pour elle.
Je ne vois plus la topaze, elle est derrière son cou.
Son visage est tourné vers moi, et il n'est pas paisible...

La bouche entrouverte a un pli amer, les sourcils crispés.
Je le reconnais à peine.
Un instant je lève les yeux sur le masque blanc, de l'autre côté du lit.
Etrange... Est-ce là le libertin arrogant, l'insupportable brûleur de vie, le jouisseur sans âme que j'ai vu là en bas, depuis trois soirs que je l'observe ?...
Le masque, comme un rire narquois...
Brusquement, il soupire.
Je me fige, et j'attends.
J'attends que son souffle reprenne, régulier, que son visage se détende, s'il se détend...
Mais il reste cet étrange masque d'amertume...

Peu importe son amertume.
Je me fous de ses peines, je me fous de ses troubles et des monstres qui le pourchassent la nuit.
J'ai les miens.
Et le grand oeil d'or sera mon petit soleil nocturne, mon murmure apaisant...
Une voix et un parfum, dans mon souvenir, un sourire doux, et ce grand oeil d'or qui me regarde...
Je veux l'oeil d'or, je le prendrai, à tout prix.
Maintenant.

Souplesse, et précautions...
Je pose un genou au bord du lit.
Seconde après seconde, j'y porte mon poids...
La main posée le plus loin possible de sa tête, j'avance, lenteur imperceptible.
Je me penche au-dessus de son buste, et te voilà...
Délicatement bombé, ton profil me captive, l'or mince qui te cerne ne te cache même pas, et je te veux...
Tendre la main, retourner le col, exposer la fermeture...
La défaire, un jeu d'enfant, trop facile, presque, mais après tout c'est normal, puisque tu veux être à moi...
Puis sortir l'épingle du col. Lentement... Ton poids dans ma main, enfin, j'ai le coeur qui bat si vite...
Voilà...
Tu es libre, ma beauté...
Je commence à reculer, lentement, doucement...
J'ai hâte, tellement hâte...

Trop hâte.
Grincement.
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Maël d'Adélaïde
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MessageSujet: Re: Nuit d'été à l'auberge de la Tête Fendue...   Mer 5 Déc - 16:24

Finalement, il vient. Je navigue à travers les nimbes sur une mer de nuages, bercé par le roulis d’une torpeur sans rêves.

Une chaude nuit d’été, bien trop ivre pour être éveillé, bien trop préoccupé pour réellement bien dormir.


J’entre dans un rêve de moiteur et de volupté. Caresses de la soie et souffle brûlant sur ma nuque, je me laisse réconforter par les succubes de mes songes.
Un grincement, le picotement dans ma nuque, cette chaleur qui me brûle la peau et un parfum doux-amer qui flotte près de moi.
Est ce l’alcool ou une compagne pour la nuit ?
Mon esprit empêtré dans les limbes du sommeil tente de se raccrocher à cette réalité ténue.
Je grogne, je gémis comme pour me donner plus de hargne à ce combat contre moi-même, ne sachant vers où aller.

J’ouvre les yeux l’espace d’une seconde, puis les referme, laissant l’image imprimer mon cerveau.
L’obscurité et les ombres menaçantes projetées par le mobilier, un éclair rouge, des éclats dorés et des courbes sensuelles. Péniblement, la scène pénètre le cortex ensommeillé.
Non, je ne suis pas seul…

Un nouveau gémissement, j’élance mon bras à la conquête de ce corps, puis l’enserre, me blottis tout contre.
Je me laisse baigner par la fraicheur toute relative de cette silhouette en cette nuit de canicule, hume un instant le parfum de la tempête de cheveux et me laisse à nouveau rattraper par les valkyries du sommeil.
J’hume une nouvelle fois les fragrances inconnues…
Rouge… un éclair rouge…
Rien d’aussi singulier ne semble émerger du tréfonds de ma mémoire.

Quelque chose cloche…
Le tintement de l’alerte résonne dans tout mon être.

J’ouvre les yeux à nouveau…
Quelle est donc cette femme qui partage ma couche ?
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Djaya
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MessageSujet: Re: Nuit d'été à l'auberge de la Tête Fendue...   Jeu 6 Déc - 22:18

Merde, merde, merde...

Erreur.
Au lieu de me figer en espérant que ça n'allait pas le réveiller, j'aurais dû fuir.
Il n'aurais sûrement pas eu le temps d'émerger de ses vapeurs d'alcool, si ça tombe il ne m'aurait même pas vu ! Au lieu de ça je me suis bloquée sur place, deux secondes de trop, et il a ouvert les yeux, et pire, bien pire, il a réussi à m'attrapper.

Réfléchis...
Il a plaqué son visage d'ivrogne contre moi
(onde de dégoût) et il bafouille vaguement des mots sans suite, il dort encore ou presque. Il faut agir, et agir maintenant. Il n'aura pas le temps. Il faut espérer qu'il n'aura pas le temps... Ce type est un mollusque titré noyé dans le vin et les plaisirs faciles, il est mou et couard, ils le sont tous, il n'arrivera pas à t'arrêter
(même si son bras est trop ferme pour... non, arrête, les doutes c'est du temps perdu, et tu n'as pas de temps à perdre)...


Mon coeur s'est remis à battre, il s'était arrêté.
Dans le même instant je me rejette violemment en arrière, pour m'arracher à ce simulacre d'étreinte. Coup brutal, il ne me tenait pas assez fort, il ne me tenait pas du tout en fait. Deux pas en arrière, je suis hors de portée.

La main crispée sur le bijou, je rive mes yeux sur la fenêtre ouverte.
Dix-sept pas pour venir, il me faudra huit ou neuf bonds, et je n'ai plus le droit à l'erreur...
Le poids de la dague contre ma cuisse... S'il le faut.
Je m'élance.
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Maël d'Adélaïde
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MessageSujet: Re: Nuit d'été à l'auberge de la Tête Fendue...   Ven 7 Déc - 15:48

J’observe la petite silhouette à la crinière rousse, tenant dans sa main ma topaze dont l’éclat doré se marie si bien avec ces grands yeux en proie à la panique.
Les brumes des songes se sont éloignées très vite.
Aucun geste brusque pour le moment, je risquerais de me retrouver une dague dans le larynx, m’ôtant tout risque de crier, d’appeler à l’aide.

Je scrute la frêle jeune femme, j’ai l’impression de me voir à mes débuts.
Elle est certes plus élégante, la cascade rougeoyante de sa chevelure donne un effet surréaliste à ses mouvements gracieux. Ces yeux au reflet étrange luisent presque dans la pénombre de la chambre que la lune éclaire de nouveau.

Elle est hors d’atteinte, je ne peux la surprendre et l’immobiliser.


Comme un petit animal pris au piège, elle lance un regard nerveux vers sa sortie, la fenêtre.

Alors que je vois la petite gazelle commencer à piquer un sprint, je me redresse et dans l’impulsion lance mon coussin avec force.
L’inoffensive arme de fortune, vient à frapper la belle au bas de la cheville juste avant qu’elle y prenne son appuie.
La petite torsion qui s’en suit, suffit à foudroyer la petite chapardeuse dans sa course.
Elle finit étalée de tout du long, les bras en avant, l’objet de son forfait clairement visible dans sa main.

Dégrisé, de légers picotements au bout des doigts, je laisse le flot d’adrénaline se tarir, tandis que je me lève sans geste brusque.

Attends…
Elle n’ose me regarder, je la sens pester intérieurement.
Garde-la si tu veux, elle t’ira à toi mieux qu’à moi.
Elle me lance un regard étonné, interloqué.

Ce que tu as volé t’appartient…
Enonçant la règle de base du code des voleur, je termine ma phrase, l’index droit sur les lèvres… le salut de la guilde des voleurs.

Je laisse quelques secondes de silence, permettant à ma jolie invitée d’analyser la situation.

Un bruit de pas rythmé, traînant légèrement la semelle provient de l’extérieur. La patrouille de la milice n’est pas rare à cette heure dans ces quartiers, juste pour s’offrir l’impression d’épurer un peu les lieux, sans trop s’exposer aux risques d’échauffourées.

Je reprends d’une voix presque pédagogue.
Ecoute, tu n’as que deux solutions, soit tu gagnes du temps et tu parlementes un peu avec moi avant de t’envoler par la fenêtre, en espérant ne pas te rompre le cou après t’être tordu la cheville de la sorte.
Soit tu discutes juste assez pour être civile et tu sors par la porte. Bien entendu, il n’y a eu aucun vol, cette pierre est à toi.


Un sourire amusé naît sur mes lèvres, tandis que d’un regard éprouvé, je la jauge, l’évalue, n’oubliant pas au passage d’admirer sa superbe plastique.

Il existe bien une troisième solution, elle n’a pas envie de me parler, me saute dessus, me saigne, puis disparaît.
Mais la petite voleuse n’est pas un assassin, sinon elle m’aurait tranché la gorge pendant que je dormais.
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Djaya
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MessageSujet: Re: Nuit d'été à l'auberge de la Tête Fendue...   Ven 7 Déc - 21:25

Impossible.
Il essaie de m'endormir.
Si tu t'en moques à ce point de ce bijou, pourquoi est-ce que tu m'as balancé ce coussin ? Pourquoi est-ce que tu m'as flanqué la gueule par terre ? Juste pour voir de quoi j'ai l'air couchée de tout mon long ? Et tu crois vraiment que je vais gober ça ?

Je me redresse sur les coudes et la douleur est immédiate. Foudroyante. Je relève enfin les yeux, et tout m'apparaît comme voilé... Le choc sans doute. J'ai dû me froisser quelque chose en tombant... Foutu coussin.

Le coussin.
Lancé d'une main forte et adroite.
Par quelqu'un d'alerte et de vigilant.
...

Il y a quelque chose d'anormal.
Ce geste qu'il fait, sorte de signe convenu, que je ne reconnais pas. Qu'il s'attend à ce que je reconnaisse pourtant... Trop de choses m'échappent.
J'entends le pas des gardes de nuit, dehors. Il suffirait d'un mot, d'un cri pour qu'il les avertisse... et il ne fait rien. Il me regarde et il a ce drôle de sourire qui m'énerve.

Et quand il se met à parler je regrette le moment où il se taisait.
Parce que là il m'énerve encore plus.
Ce ton docte, ces arguments posés...
Alors comme ça tu veux juste papoter et puis me laisser partir gentiment avec la pierre ? Bien sûr. C'est logique.

Trop de choses qui m'échappent.
Je détourne la tête vers la fenêtre, et je le vois posé là, le masque blanc...
Je ne comprends pas, il ne devait pas être là, assis calmement sur son lit, à me regarder d'un oeil clair, dégagé de toute brume éthylique. A se foutre de ma gueule. Parce que je le vois le petit sourire...

Bien.
On va pas passer la nuit à plat ventre sur le parquet. Je me red...
...

Eh merde.
Juste là, dans le flanc.
Bordel de merde...
Je l'avais senti l'instant d'avant, j'avais pensé...
Mais c'était pas ça...
Suffit que je regarde autour de moi, ils sont là, les autres, ils brillent dans la lune.
J'en ai peut-être un ou deux autres plantés je sais pas où, mais au moins un, là, c'est certain...
Bordel de merde...

Avec précautions, en serrant les dents, je me soulève, bascule, m'agenouille contre le grand coffre. Ne pas respirer trop fort. Ce n'est peut-être pas très profond... Main gauche fermée sur le bijou, pas question que je le lâche. Une seconde ou deux, respirer, écouter le flux et le reflux de la souffrance. Non, pas trop profond... Alors pourquoi attendre... Un, la main droite, deux, saisir le bout de verre, trois, non, n'hésite pas, serre les dents, quatre, putain, mais qu'est-ce que t'attends, crétine, cinq...

Bordel de merde...
J'ai des gouttes de sueur qui me jaillissent du front.
Le coeur qui bat la chamade...
Le voile rouge qui s'efface, qui se roule en boule dans mon côté gauche, chat menaçant plein de griffes partout, qui fait semblant de dormir. Ne pas respirer trop profondément...

Je rouvre les yeux.
Les braque sur le type.
Je balance le bout de verre dans sa direction, il tinte par terre, deux petites éclaboussures rouges.


Joli coup, "Vicomte".
Et maintenant ?
De quoi voulez-vous que nous parlions ?


Réussi, connard.
La fenêtre c'est exclu maintenant.
Même parler il faut que je reste dans le demi-murmure, j'ose pas inspirer à fond...

Bon, je vais quand même tenter un petit quelque chose.
Avec tout un tas de précautions, je prends appui sur le coffre, et je me relève.
La vache... Ca danse... Heureusement que je crève de mal, sans quoi je crois que je tomberais dans les pommes...
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Maël d'Adélaïde
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MessageSujet: Re: Nuit d'été à l'auberge de la Tête Fendue...   Mar 11 Déc - 11:17

La rougeur écarlate du sang fait fondre mon rictus désinvolte et laisse paraître une expression plus horrifiée.
Non, ce n’est pas ça que j’ai voulu !

Dans un premier réflexe, je me lève pour lui porter assistance, mais un regard de la jeune femme et je me ravise.
Un fauve blessé, qui tourne dans une cage dénuée de barreaux. Elle est prête à mordre tout ce qui se trouvera à sa portée.
J’ai presque la nausée alors qu’elle retire l’éclat de son flanc, plus par dégoût pour moi-même qu’à cause de la blessure.
Voilà tout mon problème, même quand je veux ‘jouer’, je blesse les gens qui m’entourent.
Tristement, j’observe un instant l’éclat de verre nimbé d’hémoglobine en secouer la tête.

Le fanfaron est bien loin maintenant, c’est un visage plus grave et avec une voix beaucoup moins légère que je m’exprime.
Je suis navré, je n’avais pas l’intention de vous blesser.

Je me redresse doucement, les mains en évidence, puis me dirige vers la commode de la chambre.
Je coule un regard vers le masque, en caresse compulsivement les contours sans trop y penser.
Puis des mains agiles ouvrent un tiroir pour en retirer…
Merde…
Je lance un regard suppliant à ma colocataire, histoire de m’assurer qu’elle ne s’apprête pas à m’épingler d’une lame entre les deux yeux.
Je cherche quelque chose pour votre plaie, permettez…
Je ressors lentement mes mains avec un carré de tissus blanc.

Un pas puis un second en sa direction, je marque une courte hésitation.
Si j’approche encore elle pourrait m’atteindre…
Je la regarde droit dans les yeux.
Je lis en elle toute la fierté, même un peu d’arrogance. Une rage inextinguible brûle dans ses prunelles.
Cette femme m’angoisse et je ne sais pourquoi.
Une telle détermination dicte ses pas, c’est si rare et si précieux de voir ça.


Elle vacille, elle tangue.
Je me précipite vers elle pensant qu’elle va défaillir, mais finalement je me ravise, presque respectueusement, ne souhaitant être acteur de l’agonie d’un héro de légende.
Etrange impression… Je la respecte et pourtant je ne la connais pas, mais déjà je la respecte pour ce qu’elle est et…
Pouaaaa, si j’étais encore en activité, je me maudirais d’éprouver ça.

Il n’empêche que ça fait quelques secondes que je suis planté là, à la regarder. Proche, bien trop proche de cet animal blessé et au potentiel féroce.
Je suis conscient d’exposer ma gorge à un réflexe malencontreux, mais peu m’importe finalement.
Je me baisse et ouvre le coffre, j’en extrais une bouteille d’alcool que je pose juste à côté avant de le refermer.

Vous feriez mieux de vous asseoir, le temps que les vertiges passent.
Tendant le pansement, que je n’ose appliquer moi-même.
Tenez soignez-vous et voilà pour la douleur.
Désignant du chef la bouteille.
C’est pas un remède miracle mais ça aide à la calmer.

Tiens, je suis passé au vouvoiement…

Mes intentions n’étaient pas de vous blesser, je vous le répète.
Je dois vous paraître bien idiot maintenant.


Mon regard s’attarde sur cette main qui nerveusement recherche le contact rassurant de sa dague.
Je ne suis pas armé, vous ne risquez rien en ma présence… rien de plus, je veux dire.
Si vous voulez partir, allez-y.

Merde… j’ch’uis con ou quoi ! Elle risque pas de se tirer avec cette cheville, en tout cas, pas tout de suite.
Penaud, je baisse le regard une fois de plus, je n’ose affronter le jugement de ses yeux.

Un sentiment de lassitude m’envahit, me terrasse.
Tous ces mensonges… je me sens usé.

Je m’attarde sur la pierre qui pendouille dans la main de ma ravissante ravisseuse.
Permettez…
Ma main se referme sur la pierre… et puis non elle ne permet pas, sa main reste crispée sur le précieux trésor.
Je l’affronte du regard, nourri d’une détermination nouvelle, celle du défi. Je gonfle un peu le torse, redresse les épaules. Je domine la petite carrure blessée d’une bonne tête…
Un réflexe de combativité, probablement
Je souris, finalement c’est elle qui a le couteau…
Je veux juste voir la pierre autour de votre cou, c’est tout.

A cette distance, elle pourrait me larder de sa lame et regarder mes tripes se répandre sous ses yeux. Elle me tient sous sa coupe et elle le sait.
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Djaya
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MessageSujet: Re: Nuit d'été à l'auberge de la Tête Fendue...   Dim 16 Déc - 21:09

Beaucoup trop près...
Beaucoup trop près...
Beaucoup trop près...

Toutes les alarmes qui crient dans ma tête. Et pourtant je ne frappe pas. Je garde les deux poings fermés, l'un sur la poignée de ma dague, l'autre sur la topaze. Et je ne lève pas les yeux plus loin que son menton. Droit devant.

J'ai suivi ses mouvements d'un oeil méfiant, mais il n'a eu aucun geste, aucun mot qui pourrait le révéler hostile. Justement. Pour un homme ivre mort quelques heures plus tôt, il marche trop droit, il a l'oeil trop clair. Comédie. J'ai vu ses mains sur le masque, tendres, il l'a flatté comme on flatte la joue d'un amant. Comédie...

Et le voilà près de moi, la bouteille d'alcool et des linges propres. Jusque là, un sans faute, "Vicomte". Et puis là, il veut reprendre la pierre. Et je me ferme comme une huître sur sa perle, je me replie sur moi comme les anémones de mer, pffffuit, plus personne. Pas touche.

J'ai serré les dents, les poings. Je me suis figée, durcie. Puis d'un coup sec (aïe...) j'ai arraché ma main de la sienne. Non. Levé les yeux. Longtemps défié du regard. Puis, très lentement, je me suis assise sur le coffre, j'ai posé la dague à côté de moi. Posé la pierre à côté de la dague. Sans le quitter des yeux. Il est très haut, très loin, là au-dessus, son visage. Je le toise longtemps. Qu'il comprenne. De là où je suis en deux secondes je lui plante une lame dans l'aine. Alors pas de vagues, "Vicomte"...


Reculez.

Il ne bouge pas.

Vous me masquez la lumière, je ne vois rien.
Reculez, "Vicomte". S'il vous plaît.


Les derniers trois mots, d'une voix égale et glacée. Comme quoi c'est uniquement pour la forme. Du reste la lumière je m'en fous. C'est sa proximité qui me met mal à l'aise.

Sans attendre qu'il recule, je prépare le chiffon blanc, je l'arrose d'alcool. Pour la douleur, dis-tu. Pour la désinfection, oui. Mais pas question que je me brouille l'esprit avec cette saloperie. Je retrousse ma tunique noire, je grimace quand l'étoffe se décolle de la plaie... Oh merde... Je maintiens le vêtement coincé sous l'aisselle droite, prends le chiffon imbibé d'alcool et...

Oh putain de merde...
Ne crie pas...
Serre les dents, grogne, geins si vraiment c'est pas possible de rester silencieuse, mais ne crie pas. Putain de bordel de merde, ça brûle, ça brûle sévère, oh nom de Dieu...

Puis je retire le chiffon. La douleur décroît un peu. Je halète. La tête courbée, je respire comme un chien qui a trop chaud, par petits coups... Le chiffon toujours à la main, je m'essuie le front sur ma manche longue... Mauvaise sueur... Allez Djaya... C'était juste un début...

Avec la dague, je découpe des lanières dans l'un des autres chiffons. Mais j'ai les mains qui tremblent...
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Nuit d'été à l'auberge de la Tête Fendue...
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