[Les Ithryn Luin]

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 BG de Weyden

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Alquäloth
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MessageSujet: BG de Weyden   Dim 11 Nov - 14:29

14 Mars...


Toc toc toc.....


Nan.

Toc toc toc ! ( un peu plus prononcé )

Nan nan nan !

Toc toc toc !!! ( on peut presque parler de coups )

Allez au diable...

Toc toc !! ( de vrais martèlement, cette fois. )

VOS GUEULES !

Tip-tip-top-tip-tip-biiiiiiiiiiiip

Un
fois le code active, la porte s’ouvre d’elle-même vers l’intérieur. Une
grosse porte blindée en acier trempé, lourde et très épaisse.

La
voix faussement enjouée de Miss Laverrue, comme je me plaît à
l'appeler. Son vrai nom, c'est Christina, qu'elle m'a dit. Mais je
préfère l'appeler Laverrue, parce qu'elle a une grosse verrue derirère
l'oreille, la droite. Guère flatteur, mais au moins, significatif.
Tandis que Christina...Christina, ça veut pas dire blonde avec des
fausses boucles. Ca veut pas dire nom plus " replète au niveau des
hanches " et encore moins " celle qui apporte le repas ". Son père et
sa mère auraient pu l'appeler " la blonde qui plus tard se frisera les
cheveux. " Ou " celle qui aura un goût marqué pour les Toblerone au
miel " ou encore " Cuisiniette ". Nan, Christina, ça veut dire que ces
parents se foutaient que tout le monde l'appelle d'un p'tit nom
impersonnel et qui n'est pas unique. Enfin bon, quand je parle de
l'appeler, c'est dans ma tête, hein. Je parle jamais aux gens de
l'Institution. Ce serait comme me cracher moi même à la gueule. Ah si,
je leur parle, des fois. Plutôt je crie. Mais ça vous le verrez plus
tard.

- Bonjour Weyden ! Je t'apporte ton repas, regarde ! Mais
pourquoi t’as pas allumé ta lumière ? Il fait tout sombre, dans cette
chambre !

Si ça l'amuse d'appeler "chambre" ce que tout le monde
nomme " cellule"... Je n'accorde pas un regard à l'infirmière, ni au
plateau garni d’une gelée informe et de deux gélules nutritives déposé
à côté de moi. Je le dévorerai c'est sûr, mais une fois qu'elle sera
partie. Je reste pelotonnée dans mon coin, sur mon matelas à la
couverture tachée, les genoux repliés, les bras qui les entourent et le
dos calé contre le mur inconfortable. Six mois que je dépéris dans cet
hôpital psychiatrique, cette maison de fous. Six mois que je me lasse
de toute vie, de tout espoir. Si moi que je deviens de plus en plus
pâle, presque surnaturelle, avec ces cheveux filasses ternes et sans
couleur...On dirait presque une morte. Et c'est ce que je suis à
l'intérieur. Ravagée. Laminée. Vide, et le peu de chose qu'il reste est
détruit à jamais.

Laverrue est sur le point de partir. Comme
tous les matins, je relève le visage à ce moment précis, avec un petit
quelque chose du chien avide dans le regard. Un frisson me court dans
le dos...La porte est sur le point de se refermer sur Laverrue et ses
mots dégoulinants d'une fausse cordialité...

Je me relève d'un
bond et me précipite contre la porte. Les mots que je me tue à hurler
tous les jours sortent d'eux-même. La bouche collée contre les
interstices de la petite grille par laquelle les psychiatres me
parlent, je m'égosille.

- Attendez...Attendez ! Vous
devez m'écouter ! Je ne suis pas folle ! Je vous le promet ! ESt-ce que
j'ai l'air d'une...Oh et puis s'il vous plaît ! Restez ! Je sais que
vous m'entendez ! Je ne suis pas folle !! Je ne suis pas folle ! JE NE
SUIS PAS FOLLE !!!


Aucune réponse, évidemment. Je
m'affaisse contre la porte, le corps parcouru de sanglots incontrôlés.
Je me laisse tomber par terre. Encore raté. Je veux pas bouger. A mon
premier jour ici, j’avais tout de suite penser à une tentative
d’évasion. C’était évidemment alors que j’ignorai encore qu’il y avait
des caméras de surveillance, des détecteurs infrarouges et des micros
pas plus gros qu’une tête d’épingle logés dans les murs, dans laa
grille d’aération qui donne sur l’extérieur, partout. Je veux crever
ici. Même les pas qui résonnent de plus en plus fort dans le couloir ne
m'alertent pas. Ce n'est que lorsque la pâle lumière bleue qui rentre
par la grille métallique fixée sur ma porte disparaît, occultée par la
personne qui se tient derrière le battant, que je recule, rampant sur
le dos avec mes coudes comme un misérable ver de terre, livide,
terrorisée.

Le docteur, un grand échalas en blouse blanche
impeccablement coiffé et à la barbe taillée soigneusement, rentre dans
la pièce, une seringue à la main, suivie par deux infirmières. J'ai
peur de lui, de cette seringue...Non...Pitié, non...Pas ça, ça
brûle...Mes sanglots ne l'émeuvent pas le moins du monde. Je ferme les
yeux à en avoir mal aux paupières. Je l’entend fixer la seringue sur le
pistolet à injection que tient une infirmière sur un plateau. J’entends
le coup de feu. Je sens l'intrusion familière de la pointe de la
seringue au creux de mon bras droit. Ca ne fait pas mal, ça ne fait
jamais mal. La douleur viendra après, je ne le sais que trop. J'étouffe
un cri quand le liquide se propage dans mes veines, un embrasement
intolérable. Du feu liquide qui me crame de l'intérieur. Mal...Sourd à
mes plaintes, il tire une deuxième dose. Cette fois, je hurle. Là
douleur va crescendo. Elle ne me quitte que lorsqu'un voile noir, celui
de l'inconscience, descend devant mes yeux. Je m'évanouis, mon pied
heurte le plateau-repas qui se renverse et son contenu s’éparpille sur
le sol froid. Pas de nourriture aujourd'hui.
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Alquäloth
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MessageSujet: Re: BG de Weyden   Dim 11 Nov - 14:32

17 Mars

Les lumières bleues qui clignotent.

Ca fait comme des étoiles, sauf qu'on n'a jamais vu des étoiles aussi froides, austères, glacées.

Les
lumières bleues qui clignotent par dessous la porte de ma chambre, par
dessus aussi, et que j'aperçois à travers la grille d'aération soudée à
ma porte.


C'est joli, même si ça fait peur. C'est...réfrigérant. Dans d'autres circonstances, j'aurai pu apprécier, mais là...

J'essaye
de remuer. J'ai mal. Mes bras et mes jambes sont encore tout engourdis
par le feu liquide qui répand ses drogues dans mes veines, dans mon
sang, dans ma vie.


Je pleure. Ce n'est ni la première fois, ni la dernière. Mes larmes qui s'écrasent sur le sol reflètent le bleu des lumières.

Ils
n'ont pas le droit de me faire ça. Pas le droit de me séquestrer contre
mon gré. Pas le droit de me faire croire que je suis folle, alors que
je suis aussi saine d'esprit qu'eux. Mais eux après tout, ne sont-ils
pas fous non plus ? Peut-être...En tout cas, leur petit plan fonctionne
à merveille, je vais devenir folle, et bientôt encore, s'ils
continuent, ces seringues, ce mépris, cette ignorance, je m'égosille,
je me tue à le leur dire, que je ne suis pas folle, mais ils
continuent, ils continuent, j'ignore ce qu'ils me veulent...J'ai déjà
pensé que j'étais en prison, mais ça ne rime à rien...Pourquoi alors me
faire croire que je suis en asile psychiatrique ? En me collant contre
la porte, j'ai entendu, un soir, ou un matin, ou un après-midi , je ne
sais plus, qu'ils parlaient de l"Institution". Ils parlaient d'ici.
Drôle de nom pour un hôpital de fous, ça fait plutôt laboratoire...Je
ne comprends pas.


La
soudaine obscurité me tire de mes pensées moroses. Les lumières se sont
éteintes, et un doux chuitement retentit près de ma porte. Je mets
quelques instants à comprendre qu'on l'a ouverte. A cette heure-ci ?


Je
m'approche, tout doucement, à quatre pattes, j'atteins la porte et
contate qu'elle est...ouverte ! Oui ! Belle et bien ouverte ! La
liberté ! Les réponses à toutes mes questions ! Sauvée ! Je suis sauvée
!


Ces
pensées m'assaillent comme une bulle d'espoir, et je me faufile dans
l'interstice entre le chambranle et la porte capitonnée, il y a peu de
place entre les deux mais qu'importe, je suis si maigre...


Je me redresse, et, tremblante, j'observe...



Un couloir. Long et blanc. A l'instant même où je suis sortie, la lumière s'est rallumée. Tremblante, j'avance...
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MessageSujet: Re: BG de Weyden   Dim 11 Nov - 14:59

...17 Mars...

Un pied après l'autre, lentement, précautionneusement, tous mes sens en alerte, j'avance dans ce couloir, ce couloir trop blanc, trop immaculé...Je vois des portes, à ma droite, à ma gauche, affublées de petites plaques de cuivre gravées de mots que je ne comprends pas...Ne saurai-je plus lire ? Je plisse les yeux mais ma vue est comme brouillée, floutée, je place ma main en visière par-dessus mes yeux, pour me protéger de la lumière crue et affreuse qui irradie dans tout le couloir...Ca ne sert à rien. Les plaques restent désespéremment floues, leurs contours erratiques.

Tant pis. J'avance. De temps à autre, un claquement, un bruissement retentit quelque part, je n'arrive pas à identifier où...Et quand cela arrive, je me plaque contre le mur nu, le coeur tambourinant contre mes côtes malmenées par les chutes, contre mes muscles engourdis, endoloris par les piqûres...puis, quand l'échos du son s'est entièrement estompé, que le couloir blanc a retrouvé son silence oppressant dans lequel résonne chacune de mes respirations, un temps trop forte, le suivant trop faible, je reprend ma marche, le plus silencieusement possible, mais mes pas, à mon grand étonnement, ne font pas plus de bruit sur le sol glacé que si j'étais une mouche...Je dois être trop maigre, trop chétive, décharnée, je le sens, lorsque je suis couchée et que je vois mes côtes se dessiner sous ma poitrine, lorsque je tombe et que mes chevilles trop maigres ne peuvent me relever...

Une atmosphère lourde, étouffante et viciée stagne dans ce couloir, suinte sous les portes aux plaques illisibles...Je me glisse dans ce couloir, silencieusement, aussi invisible qu'un fantôme...D'ailleurs, ma maigreur est à mon avantage, pour la discrétion, mais, si une des portes s'ouvre, je serai repérée inexorablement dans ce long couloir tout droit, sans le moindre endroit où se cacher...D'ailleurs, je commence à avoir des doutes. Tout ceci ne ressemble tellement pas à un asile psychatrique...Je m'approche d'une des portes, priant un dieu qui n'existe pas pour que personne ne trouve la bonne idée de sortir dans le couloir à ce moment précis. Et je me force à lire...

Professeur Mayard
Spécialiste en étude des E.I.


E.I ?
E.I...
Ces initiales ne me disent rien. La curiosité piquée au vif, je risque un oeil par le trou de la serrure, n'apercevant que l'angle d'un bureau. Que faire...Si je continue tout droit, en cherchant la sortie, on va forcémment finir par m'attrapper. Si je rentre dans une pièce occupée, on m'attrapera. Si je rentre dans une pièce vide, je pourrai m'y enfermer un moment, en obtenant des informations sûrement capitales pour mon évasion...

J'ouvre la porte d'une main tremblante. Elle n'est pas fermée. Je coule un regard dans les quelques milimètres d'entrebaîllement...La pièce, qui ressemble à un bureau, est vide de tout humain. Je m'y rue, claque la porte derrière moi, tourne le clef dans la serrure, pousse les verrous, et au prix d'efforts exceptionnels, cale une lourde chaise contre le panneau et me laisse tomber dedans.
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Weyden
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MessageSujet: Re: BG de Weyden   Dim 11 Nov - 16:43

...17 Mars...

Longtemps, que je suis restée, affalée dans cette chaise garnie de coussins, le visage caché entre mes mains, tremblante de tout mon corps, des visions affreuses sous les paupières. je m'imagine les verrous de la porte sauter, la clef tourner d'elle-même dans la serrure, la chaise valdinguer à travers la pièce avec moi avec, je m'imagine le Docteur, son pistolet à injection dans une main, brandi, déchargeant dans mes veines ces capsules de liquide brûlant...

Un frisson, mêlé de sanglot, me secoue l'échine. Je ne sais plus ce que je fais là, je ne sais plus, rien...Et je reste longtemps, à pleurer dans ce fauteuil...Je n'ai rien connu d'aussi moelleux, agréable, depuis si longtemps...Le silence ponctué de mes reniflements et du tic-tac régulier de la trotteuse d'une pendule, fixée au mur, semble s'épaissir. Une onde de peur de traverse. Je relève la tête, écarte lentement mes doigts de devant mes yeux.

Il est cinq heures et quart. Un éphéméride posé dans un coin attire mon regard. Nous sommes, je suis, en la matinée du dix-sept Mars 3157. Dans un coin, le mur épais du bureau est percé d'une grande fenêtre recouverte de persiennes. Je les écarte précautionneusement...Quelque chose tressaille dans mon corps, dans mon coeur, quelque part, très loin en moi...Je me reconnecte tout doucement à la réalité, ce que j'avais oublié depuis longtemps.
Oublié qu'il existe des mois et des saisons.
Oublié que les semaines sont rythmées par le jour et la nuit.
Tout ça revient progressivement à mon cerveau, ma mémoire embrumée... Nous sommes au mois de Mars, le printemps a chassé l'hiver. Bientôt, l'aube va se lever, mais pour l'instant, je ne vois qu'une ligne d'un vert pâle se dessiner à l'horizon. Là-bas, au loin, je distingue des montagnes dans la demi-pénombre. Les montagnes...Combien de fois en ai-je rêvé...Et, au pied de la fenêtre, s'étend un grand espace vert planté d'arbres étranges...Je plisse les yeux. Les "arbres" sont des pylônes électriques.
Et là-bas, loin, on distingue les épaisses frondaisons d'une forêt. Mon coeur s'emballe. J'ai tellement envie d'ouvrir la fenêtre, de sauter, de toucher l'herbe, de sentir la saveur de la demi-pénombre qui précède le jour, de m'enfuit, enfin !

Entre les pylônes, une lumière s'allume. Je me baisse précipitemment, relâchant les persiennes qui reprennent leur place initiale dans un fracas métallique. Je me baisse, le coeur battant à tout rompre...Pourvu, pourvu qu'ils ne m'aient pas vu...

Je rampe jusqu'au bureau, attrape la petite lampe à abat-jour qui y trône, passe ma main devant l'ampoule qui s'allume. Je cherche je ne sais quoi dans le fouillis de papier qui s'étale sous mes yeux. Je dérange tout ça, je balaye des yeux, fébrilement, presque affolée, j'avale précipitemment ma salive...

Mes mains saisissent une feuille volante, la soulève impatiemment, chasse la poussière de dessus, la tiennent à la verticale devant mon regard haletant...Deux lettres sont écrites en caractères gras, en en-tête...Deux lettres...et à côté de ces majuscules si grandes que je n'avais pas vu qu'il était écrit autre chose, s'alignent d'autres lettres, plus petites...


"Envoyés Inférieurs "
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