[Les Ithryn Luin]

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 Le départ des Ithryn Luin.

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Alquäloth
MinItrhyn de luxe
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Jeu : Ithryn Luin
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MessageSujet: Le départ des Ithryn Luin.   Jeu 13 Sep - 20:37

Un regard par dessus son épaule. Un seul. Le dernier.


Le dernier qui se portera sur ces plaines verdoyantes et ces pics acérés desquels elle avait fait ce qu’elle appelait son monde. Celui où elle évoluait, celui où elle chassait, le monde qui, bien loin de son lieu natal, lui avait tout appris. Le monde où elle avait appris a manier l’épée, le sabre et le coup de pied. Le monde où elle avait appris à rire et à jouer du verbe et à se jouer de l’homme comme de la vie. Le monde où elle avait appris à aimer et à apprécier, respecter les belles choses et penser par elle-même.

Un pincement au cœur, peut-être, oui, un œil un peu mouillé, une paupière agitée de tics nerveux, mais un étrange sourire flottant sur ses lèvres, un regard déterminé et un menton décidé. Point de tristesse en ce jour. Juste de la curiosité agrémentée d’une pointe de nostalgie, cette nostalgie qui fait se recourber la commissure des lèvres en un sourire lointain et voyageur... Un ailleurs nous attend. D’autres terres. Loin, et il est temps de reprendre la route. Ensemble. Il est temps de partir.


Certains resteront peut-être en arrière. Certains ne repartiront peut-être pas sur la longue route. Certains resteront peut-être dans les vestiges de la forteresse et dans le brouhaha de la ville. Une pensée pour ceux-là. Une larme, aussi. Mais nous les reverrons. En d'autres terres, en d'autre lieux, ils nous rejoindront, un jour. Peut-être...


Les pieds seront meurtris à l’issue de cette exode. Les épaules seront voûtées, les têtes dodelineront, les jambes fléchiront, lasses de marcher sans interruption. Mais qu’importe. Le lointain nous appelle et nous attire. Nous nous y rendront. Avec ou sans nos pieds, avec ou sans larmes, avec ou sans notre cœur qui pourra rester quelque part derrière, nous partirons.



Elle contemple l’impressionnant paquetage qui repose à ses pieds. Armes et vêtements, vivres, livres, décoration, plumes et toutes sortes de choses si insignifiantes et petites, mais qui ont tellement de valeur, ces petits objets qu’on ne veut pas jeter même s’il n’ont aucune utilité. Une fioline vide, avec quelques gouttes d’une étrange potion rouge et épaisse qui coagule au fond. Elle sourit. Fut un temps où elle en jurait que par ces fioles de liquide rouge, ses seules alliées face à de redoutables plantes carnivores qui l’acculaient au fond d’un souterrain duquel elle n’avait pu remonter qu’avec l’aide de ses amis. Le bois fêlé d’une flèche vermoulue. Elle l’avait ramasser au lointain temps de Kedrok à un chasseur qui lui avait donné sans rien en échange une importante somme d’argent avec lequel elle avait pu s’acheter un armement digne de ce nom. Un morceau de coquille d’œuf, protégé par une petite boîte en carton. Le souvenir des circonstances faisant qu’elle refuse de se débarrasser de cet objet commence à se dissiper, mais qu’importe. Elle sait qu’elle doit le garder en sécurité dans sa boîte en carton, ce fragment de coquille. Un collier cassé. L’histoire de celui-là est trop longue pour être contée.


Un paquet d’objets, un paquet de vies. Un paquet de gadgets, gris-gris, qui disent tellement de choses et pourtant muets comme des tombes, témoins silencieux d’un passé révolu. Elle sourit à nouveau, spontanément. Mais que lui arrive-t-il ?

Elle saisit à bras le corps la dizaine de sacs et années de souvenirs entassées et protégées par des tissus qui étaient autrefois des vêtements, et des draps dont elle ne se servait plus…et les dépose avec le plus de délicatesse que le lui permet le poids des bagages, dans la charrette qui suit deux chevaux presque immobiles, ceux qui tireront les paquetages des Ithryn Luin.

Elle revient près de sa jument qui piaffe d’impatience, grimpe lestement sur son dos. Nimloth, disparue depuis quelques mois, avait accouru hier soir quand Alquäloth l’avait rappelé à elle. La jument était libre. Ce n’était que l’amitié qu’elle portait à la guerrière qui l’avait ramené à elle. Un long voyage l’attendait, elle le savait.

Un regard par dessus son épaule. Un seul. Le dernier.

La route s’étend au loin.

Elle déroule son infini devant nous. Nous la prendrons comme elle viendra.

L’horizon sera à nous. L’horizon et la liberté.

Adieu Forteresse, adieu Ville, adieu Forêt et Montagnes et Collines. Adieu Sarwyën. A jamais.


En route.
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Arlequin
Fou du Roi .....Tac)
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MessageSujet: Re: Le départ des Ithryn Luin.   Jeu 13 Sep - 23:25

J’ai perdu la boussole, en tout cas le nord reste au Nord, là n’est pas le problème, il est ailleurs dans la dispersion, les humeurs à tuer celles des autres, chialer pour un soupire de travers c’est la fin d’une fin, et la fin peut être un début, une naissance, un renaissance, oui une renaissance, mais le départ est l’incontournable vérité.
Mon chemin à suivre n’est pas celui de tous, mais déjà je vois au loin ceux que j’aime, ils ont pris le pas sautillant, le regard sourire et le rire dessiné sur les lèvres, la contagion des joies.
Ce chemin là, je le prendrais. Encore quelques affaires à ranger, quelques bribes du passé, du temps écoulé, des mots oubliés égarés au fil du rien.

Si certains ne comprennent pas, c’est qu’ils s’accrochent à cette idée d’avoir raison, mais la raison réside dans leur désespoir. Moi j’avance sans la fuite, le pas en avant, je me retournerais en chemin, je passerais en revue les moments, les bons, les mauvais sont rangés dans le coffre oublié, la clé jetée aux étincelles des feux de joies. La saint Jean s’était hier.
On ne peut vivre dans le passé, c’est une hérésie à la vie !
Le passé triste, quant à lui, est une affaire personnelle, et ces affaires-là se règlent entre deux yeux, pas dans l’empêchement de faire avancer celui qui refuse l’immobilisme. Péché de jeunesse peut-être oui, mais louable.

Nous sommes arrivés en troupe, chantant et arborant nos bonnes humeurs, faisant partage de cet héritage du cœur, l’offrant à qui voulait ouvrir son cœur. Nous avons défrayé les chroniques, fait couler les mots en encre aux mille couleurs sur des papiers ordinaires, sans prendre les chiens pour des chats, le regard fier et la tête haute.
Oui, nous l’avons fait, nous avons ouvert nos cœurs et rependus ce que nous avions de meilleur en chacun de nous, et si nous nous sommes trompés, alors c’est tant mieux ! L’erreur est humaine et nous le revendiquons.
Mais ça reste mon avis, sans la tricherie des pudeurs incertaines.

Mais il est temps. Je vois déjà se dessiner les sourires enfuis. Chim la danseuse, charmeuse, sensible comme une corde de violon, belle à applaudir sur les genoux. Cette gamine imposait l’humilité, elle vit et danse dans mon cœur, ses yeux m’apportent l’espoir du plus loin, qu’il est beau et serein son plus loin.
Le mien, je fais ce vœux, devra être aussi lucide que le sien.

Pourquoi est-ce que je m’attarde dans cette chambre, pourquoi s’embarrasser de toutes ces choses inutiles, tout ce poids, ce volume de petites affaires accumulées au fil des années, et qui n’ont pour effet que d’alourdir un fardeau qu’on cherche à alléger.
Alors, je ne prendrais rien. Je laisserais ça et là, éparpillés au milieu de la pièce, ces choses inutiles.
Et puis, je vais rejoindre celle qui a chargé un cheval, et qui me rappelle la verve de chim, ma petite sœur d’amitié.

Tu as l’âme belle à en vouloir encore, toujours un peu plus, le courage de l’aveugle, et tes mots fussent-ils mal interprétés parfois, sont les bienvenus, ils éveillent et réveillent ce qui sommeille en nous, et que nous, les jeunes d’hier, avons oublié.
Ton péché de jeunesse est d’avoir donné le coup de cravache sur nos arrières assoupis.

Prends ta cravache petite fille, et fouettes !

_________________


Speaker Trapp Etc
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