[Les Ithryn Luin]

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 Sin memori

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Arlequin
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MessageSujet: Sin memori   Lun 18 Juin - 14:35

Le ciel, la lune, les étoiles qui scintillent, la nuit qui arrache les questions.

Et moi dans tout ça…
Qui suis-je…
Quand les souvenirs s’envolent
Quand la mémoire s’efface
Je regarde ce visage, le mien.
La glace me renvoie une image que je crois reconnaître.
Quelques lambeaux de souvenirs et c’est la ride entre les yeux qui exprime la curiosité.

J’ai perdu les clés, je cherche en vain la résurrection de ma mémoire gommée.
Qui étais-tu…
Un voleur ?

Je te vois courir et grimper sur les toits, sauter d’un pan à l’autre, trébucher sans te retourner et poursuivre ce chemin de Cahutes, toujours la nuit, parfois au petit matin lorsque les souris dansent et les chats renversent les poubelles.
Tu étais donc un voleur…
Mais elles… qui étaient-elles, toutes ces femmes…
Les femmes de maris trompés, abusés…
Un séducteur ? Voleur ?
C’est étrange, je ne me voyais pas ainsi.

L’exaspération des souvenirs absents.
Je jète ce verre de vin contre le mur. Mille éclats de verre, le sang de la terre qui coule et tache la pierre, s’incruste dans le bois, la planche.
Furieux peut-être, égaré sûrement.
Que raconte ce miroir aux alouettes, mensonges ou vérités. Suis-je donc cela, un séducteur, un coureur de jupon, un culbuteur.
L’idée n’est pas déplaisante, boire et déboire, séduire et s’introduire lorsque la nuit tombe. Une chambre, une reine d’une nuit, et le petit matin qui me jète dehors ; l’arrivée du mari ivre des histoires idiotes racontées et entendues au comptoir d’une taverne, l’haleine putride, l’épouse qui a la migraine.

Il y a autre chose…
Le miroir se trouble.
Et ce regard…
Tant de haine
Tant de colère
Est-ce moi ?

Et c’est une vague de sang régurgité par le miroir qui mystifie, et crache le sang, dégueule à grands goulots.
Le sang vomi qui coule et dégouline sur le verre
L’épée qui s’abat sans pitié, sans regret
Le bras tranché, la gorge ouverte, le regard de la terreur, les corps sans vie.
Mon regard vide, sans peine, sans l’hésitation des justes.
La honte…
Les larmes…
Un sanglot.
Est-ce moi qui pleure ?

Je ne me reconnais pas dans ce tableau sordide. Pourtant… ce goût amer qui remonte du fond de mes entrailles et souille mon palais, lacère mes papilles et je vomis la rage de l’autre, pas moi ! Non lui, l’autre… pas moi… non… c’est un autre qui vomis, moi je ne suis que le rêve d’un autre.
J’expire ce qui le tue, je ne suis pas celui là !
Je ne suis pas celui-la…

Et ces larmes qui coulent et jubilent sur ma peau, leur vérité me brûle la peau, pourquoi !
Je ne suis pas celui-là…

Je suis un charmeur, je séduis et je vole !
Je n’ai pas d’épée…
Je ne tue pas les innocents…
Je…

Je suis Arlequin !
Poète ! Hâbleur !
Charmeur, je charme les foules, séduit pour mieux vider les bourses, détrousser l’opulent, le ventripotent arrogant de son état !
Je suis…

Je ne suis pas celui-là… l’autre…

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MessageSujet: Re: Sin memori   Mar 19 Juin - 11:59

La nuit deuxième phase de l'aube la pire, la meilleur ?

Plus sereine, plus solitaire, le monde reprend sa tranquillité, juste quelques bruit percent le silence paisible. Un miaulement de chat, un lit qui craque et moi engloutit, dans le noir d'un coin.

J'écoute, respire tous ces bruits éphémères, qui me rassure, je ne suis pas seule, ils sont tous là, perdue dans leurs rêves, mais tout près.
La nuit...elle me donne un semblant de contrôle, je sais où ils sont, j'imagine ce qu'ils font...

Je les sais tous là, ils m'entourent, me protègent, la nuit...
J'ai pas peur.

Pourtant un nuage noir s'abat sur moi, m'arrache de mon cocon, quelque chose ne va pas, au fond du couloir le tonnerre d'un verre qui se brise, la pluie d'un liquide qui colore le mur.
Arlequin...

Sûrement encore une de ses nuits d'amour volé, partagé le temps d'un soir
Un sourire
Il ne changera donc jamais..

Mais alors pourquoi ces larmes qui noient mon sourire ?
Cette main de fer qui encercle mon coeur ?
Arlequin...

L'oreille collée au mur je guette, j'ai perdu le contrôle, il ne dort pas,il ne dort pas et il est seul..
Bataille au ventre, j'avance pied nus, vers la porte de ma chambre

Le couloir semble inconnu, détaché d'un livre d'images que je n'ai jamais vu, si long, si froid, plein d'ombres angoissantes. Les bruit apaisant, deviennent grondements menaçants...
J'avance, l'esprit focalisé sur le bruit de mes pas, avance, avance !
Ne te retourne pas continue, encore quelques pas.

Arrivée à hauteur de sa porte je m'arrête, toute en sueur, j'écoute je guète encore et toujours, le moindre de ses gestes, le deviner, savoir où il est, comment il va, reprendre le contrôle, savoir pour pouvoir retourner dans l'ombre le coeur léger, savoir...

Silence pesant source d'aucune réponse,
Une main sur la poignée froide, je veux, je peux, mais j'ai peur.
Peur de ce que je vais y trouver et s'il va mal qu'est ce que je ferais ? me blottir contre lui et pleurer avec lui, c'est tout ce que je peux lui donner, pas assez...

Quelque mot, une intonation, une question
Qui suis-je ?

Je sais moi, Arlequin je sais, mais comment te le faire comprendre...
Délicatement je pousse la porte, pourvue qu'elle grince, il saura qu'il y a quelqu'un pas besoin de parler.

Un petit grincement presque imperceptible, entend le Arlequin entend le ! Il n'a pas bougé, face à son miroir, immobile, deux traces luisantes arpentent ses joues,
Du sang, plein de sang une odeur de fer qui s'insinue dans la chambre, non pas ça !

Tu n'es pas ça, Arlequin ! charmeur au grand coeur, envoûte, enchante, captive et s'y perd, tu as fait des erreurs, mais ce n'était pas toi...

Ma main se glisse dans la sienne, ses doigts se mélangent au miens
Arlequin regarde moi
Regarde mes yeux, nos yeux, tu vois ? tu y es, toi, le vrai toi, nos yeux sont tes miroirs, si seulement tu te laissais y croire.
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Arlequin
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MessageSujet: Re: Sin memori   Mer 20 Juin - 23:54

J’ai entendu la porte qui n’a pas grincé, j’ai senti son pas sur le plancher qui n’a pas craqué, elle et sa main qui enveloppe la mienne au lieu de s’y blottir.
Un geste délicat, un soupçon de douceur dans les interrogations qui m’assaillent.
Sa main est si petite maintenant, enfouie dans la mienne, ses doigts si fins enlacés avec les miens.
Mais qui est-elle…

Pourquoi son souvenir reste t-il flou…

Tu serres ma main maintenant, mais sais-tu à qui elle appartient…
Es-tu certaine de ne pas prendre le risque que je la tranche !

Qui suis-je…

Et son regard…
Pourquoi me regardes-tu, pourquoi forces-tu mon regard…
Et si je crevais tes si jolis yeux !

Fuis-moi petite sotte !

Je suis peut-être le mal, pire l’un de ses serviteur, et toi… toi qui reste là, devant moi à arracher mon regard aux souvenirs absents.

Fuis-moi ! Va t-en !
Laisses-moi, moi et ces souvenirs que je ne reconnais pas.

Tu ne comprends pas, je peux être celui qui prendra ta vie, celui qui ouvrira ton ventre avec ce couteau qui traîne là, sur le comptoir entre le vin et ces restes de nourriture.
La pourriture qui te blessera cruellement.
Je peux être ce bourreau.

Mais pourquoi me regarde t-elle encore, pourquoi ne fuit-elle pas, pourquoi…

J’ai connu un regard semblable au sien…
Mais son souvenir reste une brume dans l’étanchéité de ma mémoire obsolète.

Je ramène sa main sur ma joue, pose et accole mon visage sur le feutre de cette main si fragile que je pourrais la briser entre mes doigts.
Je caresse ma joue avec sa main, presque brutal, nerveux. Passe et repasse sa tendresse sur mon front, mes tempes, mes lèvres qui embrassent la peau fine de sa paume.
Je dois avoir l’air d’un aliéné à aimer cette petite main sur mon visage.

Va t-en…
Restes…

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MessageSujet: Re: Sin memori   Sam 23 Juin - 17:13

Mes yeux, plongeaient dans ses prunelles, fleurets inoffensives, furtives,sournois, je veux savoir, je dois sentir, je veux t’aider…

Gauche, droit, droit, gauche, touché mais pas coulé
Savoir, comprendre, deviner
Tant de questions, d’incertitudes et tous ces doutes…
Dévisage toi dans mes yeux, essaye, cherche, trouves !
Droit, gauche, trop rapide, une esquive habile et tu me quittes déjà, si loin de moi, main dans la main.

Insupportable, cruelle, impénétrable, tenir encore, laisser passer, absorber ton regard et te le rendre purifié.

Je ne peux plus, un rideau de larmes recouvre ma vue, faible, impuissante, idiote, je baisse les yeux, je baisse les bras, chassée...

Mes doigts se décrispent, abandonner, je n’y peux rien, ça ne marchera pas, tu ne veux pas comprendre, trop plongé dans ton regard pour apercevoir le mien…

Arlequin, tout ce froid...
Ne le laisse pas revenir, Arlequin je t’en supplie reste, toi pas lui..

Un nuage noir parcours sont front, sont regard qui luit d’un éclat malsain et ce couteau sur la table

Hellequin te revoila,

Partir, fuir, courir, rendort toi, je ne suis plus la, ce n’est qu’un rêve, rendort toi, pars, disparait.
Le souffle qui accélèrent, les lèvres qui tremblent, petite incantation idiote, petite chanson puérile...

Promenons nous dans les bois, pendant que le loup n’y est pas…

Il retient mes doigts, laisse moi je t’en prie, je n’aurais pas du venir, je ne reviendrais plus, je te promet, laisse moi partir..

Le regard toujours au sol, plus la force de lui faire face, trop lâche, trop petite, ma main marionnette de chiffon, son front, ses tempes, ses lèvres gourmandes, prêtent a me dévorer.
Fait le vite, je ne veux pas souffrir, ne me fait pas souffrir, je t’en supplie
Les jambes chancelantes, sa main sur la mienne...

Juste une dernière fois, vaincre ma peur juste une fois, plonger dans ses yeux y chercher un espoir

Restes

Arlequin….
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MessageSujet: Re: Sin memori   Mer 27 Juin - 23:59

Hellequin, ce nom…
Pourquoi m’appelles-tu Hellequin ?
Je ne connais pas ce nom, je ne sais pas qui est ce Hellequin.

Serait-ce lui le bourreau, lui qui me renvoie ces images d’atrocités, tant d’horreurs, et tous ces assassinats, toute cette cruauté.
Je suis ce monstre, alors…

Je me détourne de ton visage affection, tes yeux noyés dans les miens et qui me dérangent, trop purs.
Je te repousse.
Brutalement, je marche et tu recules.
Un pas, le mien, et c’est le tien qui fuit.
J’avance et te pousse, te bouscule et t’emprisonne contre ce meuble en bois, là ou se trouve ce couteau.
Je saisie le couteau et passe sa lame froide sur ta joue, je joue avec elle sur ta peau tiède.
Tu as peur.
Tu trembles.
Je pourrais… la lame flirte avec ton si joli visage.
Que tu es belle petite perle aux yeux verts…

Ma main tremble de lire dans tes yeux l’effroi que je t’inspire, j’ai mal de ta frayeur, prends ma main, décroches ce couteau et jètes-le.
Fait-le…
Où je pourrais…

Tu comprends ce que je pourrais être… ton bourreau.

Je pourrais dessiner sur ta peau les lambeaux de mes cruautés, je pourrais déchirer ta chair et faire de toi un monstre de foire, une défigurée que les autres viendraient voir et revoir pour le plaisir de l’horreur, le goût du malsain dans la salive.
Oui, je pourrais être celui là.

Je dresse le bras tendu au-dessus de toi, prêt à abattre la lame dans ta chair.
Comptes le temps, ne laisses pas filer les secondes, rattrapes les dernières, tes derniers instants sont inscrits dans cette infime ration de temps, quelques secondes encore et puis…
Violemment, je frappe.
Le couteau s’abat
Sa lame enfoncée dans le bois.

Je ne suis pas ce Hellequin.
Non. Je suis…
Hëllequin, naît de l’Osëfyen.

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MessageSujet: Re: Sin memori   Lun 2 Juil - 15:21

Tango macabre...
Un pas en arrière, un bras plaqué derrière le dos et ton regard qui me fuit..

Regarde moi !!!

La rigueur du bois sous mes doigts endoloris, regarde moi, ne fuis pas, si c’est ce que tu veux, fait le, mais ne fuit pas, ne te fuit pas...

Arlequin, laisse moi rire, faible pantin blanc !
Ta blancheur, ton éclat, oublie les !
Tu as laisser la place a la poussière, au gris du temps...
Arlequin et tu la ? non bien sure, illusion, tour de passe-passe...
Tu as gentiment laisser ton trône imaginaire a Hellequin

Qu’il est facile de choisir le cote noir

Alors pourquoi ? pourquoi fuis tu ainsi Hellequin ! fils du mal, pourquoi détourne tu ton regard injecté de sang ?
Mon sang te parait sali, pas assez rouge ?

Hellequin je t’appelle, viens a moi puisque tu es déjà la !

Arlequin que fais tu…cesse ce spectacle tu as perdu...
As-tu seulement voulu gagner un jour ? est ce que tu t’es battu ? non, tu t’es simplement laisser guider...
Blanc-noir, noir-blanc, le plus foncé gagne toujours.

Regarde moi en face, tu vois ce que je vois ?

Je te déteste ! tout ce blanc souillé, comment peut tu faire ça ! berner tout ce monde avec ta couleur pur et taire tout cette crasse, derrière un rideau blanc, assassin !

Oui, ne me regarde pas, tu n’es pas digne de ce que mon regard s’obstinait a te renvoyer !

Petite idiote aux yeux naïves ! Ah je suis bien avancée maintenant a faire face au vrai Arlequin
Transperce moi, oui fait le, c’est tout ce que je mérite a être aussi stupide !

Ton bras sanglant au dessus de moi et l’éclat de la lame qui brille dans mes larmes.
Non Hellequin ne jouit pas ainsi, je ne pleurs pas de peur, je ne pleurs pas de tristesse, c'est juste de l’exaspération, cette horrible colère contre moi-même.

Prend ton temps, fait moi souffrir, c’est tout ce que tu peux faire, offre moi ce présent, torture moi pour effacer tous les doutes qui s’evissent encore au fond de mon cœur idiot !

Le temps d’un souffle, un sursaut...
Aucune douleur, c’est étrange je croyais toujours que la souffrance serait insurmontable et la rien comme si rien ne c’était passée, juste la tête qui tourne...
J’ai peur d’ouvrir les yeux, peur de voir cette tache écarlate qui témoignerais mon agonie lente et …douloureuse ?

Et ce silence…plus aucun bruit pas une mouche, pas d’oiseau, enfermée, dans un entre deux monde désert.

Pourquoi m’avoir faite ainsi ? stupide, naïve, fragile
Pour finir comme ça ? quel était mon rôle alors ? simple proie entre tant d’autre, une de plus une de moins ça ne changerais pas grand-chose alors pourquoi ?

Toutes ces questions quelle conne tu meurs a quoi bon, laisse toi emporter…
Peut-être que ….. ça donnera rien, tu peux rien faire il est perdu.

Ouvrir les yeux et lui sourire, juste une dernière fois…
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MessageSujet: Re: Sin memori   Sam 7 Juil - 1:01

Musique

Je cherche mon reflet dans ses yeux fermés, je rêve un instant fugace qu’elle les ouvre pour y voir la terrible réalité, je rêve de n’être plus ce pantin de l’autre, l’autre qui joue et tire les ficelles, et le pantin s’anime, ses mains tremblent, ses bras s’articulent, et puis ses jambes, ses pieds qui n’ont pas l’air humain comme tout le reste ; c’est une marionnette, une petite marionnette faite de bois et de chiffons usés.

Regardez ses yeux sans vie, ce vide peint au pinceau de soie.
Peut-être l’artiste a t-il été maladroit, son pinceau a dérapé là, juste au coin de l’œil cette petite tache sombre, maladresse de l’artiste, ruse du peintre initié, larme en peinture à l’huile sur un visage de bois et de bric et de broc la marionnette pleure l’âme absente.
Le tissu se mouille des pigments de l’huile, la main du peintre a glissé, la larme sabre la joue, griffe le menton jusque sur le col en tissu de chiffon usé.
Le visage de bois peint à l’huile est raturé.
La faille dans l’existence de la marionnette, une larme sur le bois de pin, une entaille sur la joue peinte du pantin, des copeaux de larmes qui souillent le spectacle de bois et de chiffons usés.

Les fils qui retiennent ses bras de bois ordinaires se défilent, les bras m’en tombent.
Un fil au sommet du crane de bois qui s’use comme s’use la corde sur le sel de la mer, et puis cède et libère la tête de bois peint qui bascule en avant, les copeaux de larmes s’écoulent et maculent de pigments les feux de la rampe.
La marionnette de bois et de chiffons s’affalent, ses derniers fils abandonnent usés et râpés par le sel des larmes d’un spectacle dévoyé.
Ses genoux tapent le sol de bois, ses mains désarticulées frappent et glissent, la marionnette tombe inanimée, les fils coupés.
Le marionnettiste fatigué quitte l’arrière scène pour rejoindre les coulisses sans attendre la huée des foules.

Le pantin tout à l’heure sans vie se réveille d’un sommeil d’ailleurs, d’un autre part qu’il a quitté pour un autre ailleurs. Il a rêvé pantin de bois et de chiffons usés, il s’est vu sur le devant de la scène, il s’est brûlé les ailes, mais il ne renaît pas. Il n’est pas un phénix, il brûlerait encore, lui qui n’est fait que de bois et de chiffons refuse et se débat avec l’existence qui l’engendre et il veut, il ose se battre et gager sur l’idée qu’il faut oser vivre et poursuivre les rêves, les siens, pas ceux des autres se serait vain et inutile.

Alors il relève le menton, ses ailes brûlées qui n’alourdiront plus sa démarche, il ne boitera plus devant la fierté du pauvre et le manteau marbré au fil d’or des prétendus seigneurs et rois, princes ou monarques, et je m’assois sur l’idée qu’ils se font de leur toute puissance, la véritable force se mesure avec le dos d’une petite cueillere.

Alors il se redresse le pantin réveillé aux ailes brûlées, et je peux enfin me voir dans ton regard qui me regarde et me parle des rêves.
Toi qui sourit enfin.
Emmène-moi dans ton rêve, je veux toucher l’astre la haut, celui la, pas l’autre.
Ne pleure plus petite perle d’émeraude et emmène-moi dans tes yeux aux larmes de joies.

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Dernière édition par le Jeu 23 Aoû - 11:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Sin memori   Sam 21 Juil - 14:16

Petit pantin sans fil si fort mais si fragile…

Sueurs froides, Larmes chaudes, Regard de feu, Tant de haine, Plein d’espoir..
Moi et Lui
Lui…lequel ?

Il tremble ou est-ce moi ? J’ai perdue trop de sang, de ce sang qui ne s’écoule nulle part..
Besoin de vivre, envie de fuir
Le fuir Lui pour le rattraper Lui
Le haïr, pour l’aimer
Partir, pour revenir
Quitter son regard humide en m’y plongeant toute entière

Arlequin…

Son corps s’affale... son âme reste debout et me fait face
être de lumière, dépourvu de tout corps charnelle, lumière blanche éblouissante..
Du revers de la main, je me protége les yeux, je ne vois rien juste cette éclat au milieu de la pièce, a mes pied je devine son corps inerte suspendue en attente

qui gagnera ? lequel des deux l’animera ?

Restera ou partira ?

Un geste te trahis tu es vraiment la, toujours present..

Non !

Je te rattraperais pas, je le sais bien, pourtant mes bras se jette a ton cou, futile tentatives ils passent a travers, frisson glaciale ….

Ne part pas, reviens dans ce corps, reviens a toi, ne le laisse pas gagner, pas cette fois, reviens…
Ton regard, qui ne l’ai pas, se perd dans les hauteurs invisibles, se moque du plafond et continue plus loin, plus haut ..
Tu souries sans bouger tes lèvres évanescentes

Je sais, la tentation est forte, tout cette beauté, toutes ces êtres pures ..
Mais...reste
Je peux rien te donner en échange, un sourire au coin des lèvres, un regard protecteur, un rire amusée, quelques bêtises de temps en temps
Je sais, ce n'est pas grand choses, compares a tout ce que tu aperçois la haut

Arlequin…reviens

Ne le laisse pas avoir ton visage, pense a tous ceux qui s’aprocherons de ce corps, confiants, en adressant leur paroles a toi pas a lui, et que recevrons t-il en retour de leur confiance ? une gifle en plein cœur, une flèche en plein visage

Reviens…laisse pas la place vide, ta place

Tes yeux, lumineux, descendent plein de grace, se posent sur toi, celui a mes pieds
Suivant ton regard je m’agenouille, a bout de souffle
Tout est une question de choix, ton choix, je peux rien faire, juste attendre
Du pouce j’essuie cette larme traitresse

Ne réfléchit pas, ce corps ne lui appartiens pas ! c’est toi !
Regarde comme il est laid vide de toi, de son essence de vie, tu dois revenir, tu peux pas laisser cette chose ramper sur terre
Il n’est rien sans toi il a besoin de toi…
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MessageSujet: Re: Sin memori   Dim 22 Juil - 0:40

Le pantin de bois ne gémi plus, il a cessé ses jérémiades quand elle a souri, quand ses doigts ont touché les siens, quand ce qu’il croyait être la certitude de l’inévitable s’est brisé en mille poussières d’étoiles toutes plus fines et légères, si légères que les vent les emporte, et il s’effondre dans les bras de celle qui lui ouvre les siens.
Pleure et pleure encore petit pantin fatigué, demain est un autre jour, encore un.

Son visage enfoui sur son ventre, entre ses bras, le pantin désarticulé pleure et se recroqueville, s’entoure et s’enroule dans ses bras, mouille le tissu de sa robe, et l’auréole triste devient tache et danse sur le tissu, sur sa peau douce et fine et fragile, si fragile petit pantin de bois.

Le tissu se mouille des larmes du pantin qui s’anime, réanimé d’un passé qu’il tente d’oublier, refouler, rejeter et ne plus voir ni revoir, ne plus penser à hier, regarder au-delà des apparences et ne plus se retourner, ne plus entrevoir ce qui fut et ne sera plus.
La mémoire est chienne et traîtresse, elle fend le temps avec sa lame entachée des souvenirs insoupçonnés, maculée des peines et des coups, des rages étouffées, des blessures maux de l’âme qu’on ne guéri jamais tout à fait, elle tranche et éviscère si on oublie de s’en méfier.
Le pantin de bois sait tout ça, il pleure ses maux, et ses larmes ont la consistance des blessures à chavirer dans l’impossible oubli, et pourtant il sourit, le pantin de bois.

Mémoire au bras d’acier, le fer et la soie ne se mêle que rarement et la traîtrise est une denrée ordinaire pour elle et sa vocation destructrice, elle fait si mal au jour d’hier, avant hier et plus tard, peut-être demain elle sonnera un glas écœurant, le message du temps qui rattrape le présent foulé.

Le pantin de bois saisie ses mains, mélange ses doigts aux siens et tricote des histoires au bout des doigts, la vie reprend ses droits en rêves fous d’elle du bout des doigts et de doigts en doigts, un rêve se tisse et puis un autre, et la trame des rêves à vivres se brode dans l’infini du temps à ne plus perdre.
Le visage posé sur son ventre, l’âme entre ses mains, la peine qui s’éloigne et le pantin sourit enfin, apaisé un peu.

Son corps de bois peint est secoué d’un dernier sanglot.
La mémoire rend l’âme pour un temps.

Peu à peu au creux de son ventre, contre elle et ses si jolis yeux, la peinture s’écaille, la peau de bois peint s’étiole et se délite, la couleur goutte en cendre de couleurs sur le plancher de bois.

Lui regarde sa main qui prend la couleur de la peau, le sang qui coule dans les veines, les tempes qui battent à nouveau, l’œil qui pleure des larmes d’eaux et de sel.
Sur sa joue, plus de rature d’un peintre maladroit, mais une larme qui flatte sa rougeur encore un peu terne sans le vernis illusoire qu’on applique pour rendre la couleur plus chaude.
Un peu fourbu, un peu cabossé, Arlequin s’est endormi dans les bras de Shery.

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MessageSujet: Re: Sin memori   Lun 30 Juil - 19:16

Ta tête se repose lourdement contre moi, tes larmes mouillent ma robe, je te retrouves enfin, toi…
Souvenirs qui jaillissent des profondeurs obscures de mon être, une mère qui ne l’était pas vraiment, un baiser qui restera a tout jamais une idée ephemere, des mots qui ne dépasseront pas le stade d’un simple souffle.

Et puis tes larmes sur ma peau, ce morceau de toi qui réveille tant de chose en moi

Pleurs plus Arlequin je suis la …. Instinct maternelle handicapé, cassé, transformé, mais je suis la …..chut

Relever la tête et faire face a tes maux, oublier les miens, changer les idées en gestes, les souffles en mots. Contredire son héritage, façonner la nature a son goût.

Permet moi de prendre ta croix sur mes épaules…
Non ! j’exagères encore, je veux trop bien faire, je suis bien trop frêle, pourtant…
J’aimerais tant essuyer tes larmes, avaler tes maux, les vomir s’il le faut mais les prendre loin de toi

Je veux t’aider, je vais t’aider, ensemble on y arrivera, on séchera tes larmes, on éclairera ton visage a nouveau. Je te ferais rire, tu crieras sans doute quelque fois, tu pleureras aussi mais Arlequin tu vivras.

Mais dors maintenant, laisse toi reprendre des forces, puise les en moi s’il le faut, près de toi j’en ai a revendre…

Dors..
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MessageSujet: Re: Sin memori   Lun 30 Juil - 23:21

Musique

J’ai fait ce rêve d’un endroit perdu, un endroit ou je me suis égaré par un rêve inachevé, une symphonie des illusions, et les sens exacerbés, je marche sur un sol mouvant, ni de sable mais de faux-semblant.
Je marche la tête enfouie dans les épaules, le regard ailleurs tourné vers des lieux que je voudrais fuir, ces lieux qui font si mal qu’on voudrait les quitter par n’importe quel biais, et si le prix à payer est au-delà du raisonnable, il faut le payer, le prix de la liberté.

Chaque pas devient plus lourd que l’autre, celui d’avant, et la boue de la tricheuse, la chienne des pauvres, s’amasse sous mes semelles, je peine à avancer, au pas suivant je reste sans force, le talon enfoncé dans le sol, une traîtresse dans sa boue, un rat arrogant et stupide qui fouille ses ordures.
Je tourne sur moi-même, et tourne la boussole qui a perdu son nord.
Je voudrais m’arracher à cette boue qui embourbe mes pieds et enserre mon pas comme la mâchoire d’une chienne vicieuse mord et salive sa haine, mais je reste planté comme un arbre mort, le regard penché, le cœur envenimé.

Le venin de la chienne parcourt mes veines, le mal se repend sous ma peau, dans mes chairs il achemine sa haine viscérale sans l’ombre d’un remord.
Le mal est fait, je sais qu’elle a la dent dure et la haine tenace, elle est la pire des chiennes, le vice en lisse, celle qui tire sur la laisse de l’autre, toujours l’autre.
Et la blanche colombe crache sur le crapaud et s’envole dans le ciel assombri de ses victimes.
Elle est hyène, elle est chienne, ne la regardez jamais, fuyez son regard sangsue ne vous retournez jamais sur elle, sa langue est vipère, mais son œil de biche perle une larme et attire, tend ses pièges, envoûte et entrelace ses doigts acérés pour planter ses ongles venimeux dans votre âme.

Dans la boue des haines de la chienne, je sombre et m’enfonce, je perds le sens de la vie, ma joie s’écroule et s’effrite, genoux à terre elle frappe encore et assaille de sa haine sans faille, parfaite.
Je meurs enfoncé dans la boue et le rat arrogant ronge et dévore la peau, lacère et s’acharne croyant toujours bien faire. Le rat est crétin, mais il obéit, petit mouton aveugle, elle te crèvera la chienne, chaque chose en son temps, chaque victime à sa place, elle est chienne la pire des chiennes, celle qui tire sur la laisse de l’autre.

Au fond du trou dans ce rêve, quand la mort sonne son glas je sens sa main caresser ma joue.
D’abord douce et discrète, un pas après l’autre, sur la pointe des pieds, elle est venue me chercher.
Je ne l’attendais plus, pourtant sa main caresse ma joue et la vie frétille sous ses doigts de soie, douce et fragile, si forte au fond, elle me tend la main et je prends la sienne, petites perles aux yeux émeraudes.

Je tremble de tant de haine disséminée dans mes chairs, la haine qui résonne et frappe encore sous la tempe, j’aurais pu hurler mais je reste sans voix, les bras écroulés le long du corps.
Et elle a tendu sa main si douce, quand la mémoire retient la gifle de la chienne si violemment encrée.
J’ai agrippé mes yeux à son regard si pur, si beau quand on a vu que la haine de la chienne, la hyène qui glousse et broie du noir, la folie ordurière en guise de passe-droit.
Le rat qui ronge sans savoir pourquoi, petit animal stupide.

Je me suis réveillé de ce rêve, les bras de shery qui bercent mon réveil et ses yeux mouillés qui me regardent sans s’étonner. Nous nous connaissons depuis si longtemps, ou alors j’ai oublié, ou bien c’était autre part, peut-être pas si loin.
Je m’étire et m’enroule dans ses bras, contre son ventre, entre ses cuisses, et puis baille un instant sur le rêve de la chienne terminée, elle ne reviendra plus et crèvera seule au milieu des déments, à sa place.

Je me sens bien, je suis avec celle qui m’a choisi, et que je cherchais.
Tu as lavé les haines de la chienne, la folle des pauvres.
N’ai plus peur, plus maintenant.
Tu es si belle, petites perles aux yeux émeraudes.

Je me hisse et m’assois en tailleur devant elle, contre elle, contre son ventre.
Mes mains n’osent pas encore la toucher, la peur de la haine salissante au bout des doigts, je dessine le contour de sa joue sans la toucher, seulement l’effleurer.
Je penche la tête et sourie.
Je pose le front sur ton épaule, tu frissonnes.
Tu es si belle.

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MessageSujet: Re: Sin memori   Mer 1 Aoû - 9:53

Sur ta joue endormie, le revers de ma main qui se fait plus appuyé, protecteur à chacun de tes sursauts.

De quoi rêves tu ? pourquoi ce cauchemar ?

Tu as encore tant de neige dans les cheveux...
Enroule toi dans le cache-nez de mes bras
Je trouverais des taches vertes dans tout ce blanc qui t'entoure
Et dans les blés d'été j'irais te cueillir des fleurs bleu
Le bourdonnement d'une abeille nous prédira la venue du soir
Et quand le bleu marine nous enveloppera on s'approchera du crépitements des flammes
On s'endormira et nous volerons vers des jours heureux

Dors Arlequin, efface cette ride qui te change le visage, transforme la en sourire inconscient.

Mais tu te réveilles déjà...

Etre la première sur qui ton regard encore embrumé se posera
Je ne sais pas si je le veux, je ne le mérite pas vraiment..

Une coïncidence parmi tant d'autre, se retrouver au bon moment au bon endroit...

Refermes les yeux et voit ce que mes silences te dictent, ne me regarde pas, écoute, sent, vois

La vraie moi, invisible pour les yeux, la petite fille cachée des autres, regarde moi comme personne ne m'a encore vu, ferme les yeux...

Tu es têtue, ton doigt s'avance déjà vers moi, je reste immobile tout en fuyant

Parviendra tu à m'arrêter ?

Ton sourire crie mon nom, interrompt ma course folle, fuite lâche
Je m'arrête à bout de souffle
Un frisson, le mien et une déferlante d'images aux ralentit

Je cours en reculant, l'inquiétude ce lit sur mon visage,je reviens vers toi..une fois de plus.

Le coeur léger de nouveau, prête à te recueillir, à te retrouver, confiante.
Mes bras entourent tes épaules, un soupire perce le silence, je sourie, je respire...


Dernière édition par le Ven 10 Aoû - 9:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Sin memori   Mer 1 Aoû - 23:48

Musique

Le pantin de bois de bric et de broc n’est plus ici, son odeur de bois peint, de vernis et de chiffons usés ne brasse plus les vagues d’un air usé et terni, il repose sur d’autres cieux, dans des lieux obscurs où règne le chaos des sens.
Ici, il ne reste que les mots encenseurs et enchanteurs, sans la perversions qu’on leur donne par erreur ou par haine, quelques phrases éparpillées ça et la qui s’enchaînent et libèrent.
Le champ de l’oiseau mort ne souillera pas les tympans ce soir, ni demain.
Le corbeau et le vautour rodent ailleurs.

Ses bras m’entourent et chassent dans un coin les remords et les regrets, elle seule compte.
Elle a brisé mes chaînes, et refermé la brèche dans mon âme, les démons s’enfuient et se terrent, terrassés par la pureté qui leur est inconnue, baptisée pour plus tard.

Cette fois, je peux la toucher, toucher sa peau, ses joues qui rosissent un peu, ses lèvres qui sourient, sa bouche entrouverte, ses yeux que j’apprends à apprivoiser.
Ils aiment à fuir si on les approche d’un peu trop prés, ceux-la sont à cueillir sur la pointe de l’iris, marcher sur le flot de ses larmes, toujours en pas de soie, et de feutre en velours d'un pas soufflés du bout d'un regard, il ne faut pas l'effrayer, ses yeux se fermeraient ou pire, ils fuiraient et son regard irait voir ailleurs, un endroit inaccessible ou se perdent les rêves égarés.
Alors je regarde ses yeux qui me regardent et je sourie d’un regard en coin, un peu taquin, l’humeur heureuse revient au point où je l’avais oublié, laissée sur un bord d’un chemin semé de croix et de cendre, ou les morts ne sont pas enterrés et vous montrent du doigt, loin de l’indifférence assassine.

Il fait beau dans ses yeux verts aussi verts que les prés et les champs verdoyants, aussi pures que l’eau qui coule et roule sous les roches des monts lointains et si hauts perchés que les neiges épousent les fondations d’un ciel sans genre.
Sur un coin, ce reflet étincelle affleure et attire le regard, celui de l’humilité, le genou sur le sol, la rose à la main, un gant blanc posé au creux de la main.

Comment dire ce qui « est », de ce qui est au-delà de la perfection, existe t-il des mots pour ça ?
Je ne sais pas si elle est la perfection, mais si une perfection existe alors elle me retient dans ses bras.

Toi, je ne vois plus que toi, toi qui m’a tendu la main et tiré loin des chiens enragés, toi qui me montre le jour quand la nuit écrase les dernières lumières, toi qui me fait sourire maintenant.
Toi qui rougie quand ma main enveloppe ta joue, tes yeux me sourient petite perle.

Je me relève et accroche ta main instinctivement, un geste achevé.
Tire sur ton bras et t’entraîne, vers cette cheminé qui brûle les pantins de bois mort.
Mes bras t’enlacent et te tiennent, te retiennent et détiennent ce qu’ils ont rêvé de posséder, l’inaccessible..

Maladroit, je repousse ta chevelure qui recouvre ton épaule et emporte ses longues mèches derrière ta nuque fine, fragile.
Nos corps soudés, nos joues qui s'attachent, ta peau qui frissonne, mes lèvres glissent sur ton cou et se fondent sur cette épaule ou coulaient tes cheveux.
Tu frissonnes encore et je perds le temps, la minute et l’instant, celui d’après pour feindre de ne pas avoir lu ce frisson courir sur la peau nue de ton épaule, et puis s’enfuir sous le tissu de ta robe, gravir tes monts enfouis, ceux que je dévêtirais tout à l’heure.

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MessageSujet: Re: Sin memori   Mer 8 Aoû - 14:14

Inspiration, expiration, schéma inconscient, dictée d'un instituteur sans scrupules...
Inspiration, expiration, pas à l'envers, pas trop vite !
Inspiration, expiration, rattraper le rythme perdu, retrouver le calme absolu

Château de carte, vacillant, à chacun de tes souffles
Statue de marbre, flamboyante, face à ton regard
Ne me regarde pas !

Sans défense, à nue, aucun artifice, juste ce sourire idiot
Cacher, ne pas te laisser deviner, rougir en restant porcelaine
Ne me regarde pas !

Tes yeux qui s'accrochent aux miens
Courir vite, n'importe où, n'importe quoi, une fissure sur le mur, une araignée au sol, rester fixé, ne pas revenir
Non !

Revenir, s'accrocher, se noyer...
Et plus rien, s'endormir, s'oublier
Jette moi du sable dans les yeux
Berce moi, endort moi et partons

Partons, sur le flot de mes cheveux, guidé par tes doigts
Partons, bercés, par le frottement de ta peau contre la mienne
Partons, engloutis, par ce baiser qui me fait frémir et qui court, court ne prenant garde à aucun obstacles, gravit les pentes, escalades les courbes, plonge dans les recoins, puis arrive au but, promesse tenue...

Immobile, interloquée je savoure, inspecte, discrète, muette
Devine, curieuse
Partons...
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MessageSujet: Re: Sin memori   Ven 10 Aoû - 16:30

Musique

Tu es si fragile, porcelaine, faïence, bris de verre et le son cisaille mes tympans. Un instant de travers et tout s’effondre comme un château de carte soufflé par un vent inconnu, un vent froid et j’ai si froid tout à coup.
Je cherche, tâtonne, vacille et recule, j’ai peur si peur.
Que se passe t-il ? Pourquoi ce souffle ravageur, pourquoi frappe t-il ce qui est fragile ? Pourquoi !
J’ai froid maintenant, où es-tu…
Tu recules, je marche à l’envers, un pas en arrière, tu avances, je fuis, tu t’en vas, je te rattrape, viens me chercher !
Viens…
Reviens…

Le gouffre, les pieds suspendus au-dessus du vide, le vide prêt à m’engloutir et dévorer ma chair, avaler dans sa gueule ce qui reste en vie : je suis la proie de l’inconnu, quelque chose ne va pas…
Je te vois devant moi, droite, raide comme le pantin englouti par l’effroi, qui refuse un combat perdu d’avance, et qui baisse ses bras de bois accrochés au fil de soie.

Les bras lessivés, usés, je voudrais te prendre, attraper ta main, t’enlacer, et rêver, partir sur ce nuage que tu as inventé pour nous. Il fait si doux la haut.
Je reste la, devant toi et je ne peux te toucher.
Un peu de force porte mon bras devant moi, devant toi, entre nous, vers toi, toi qui ne sourie plus.
Je tremble.
Regardes ma main trembler, ne la laisses pas filer, retiens-la, prends ma main et envolons-nous vers les cieux, vers ces chemins sans croix ou les rêves sont permis, ou la vie prend sa source ou l’amour est à nous, à nous… à nous… rien qu’à nous mon amour.
Viens, prend ma main, ne me laisses pas !
Je tombe je chute, la vie s’en va sans toi
Retiens moi !
Prends ma main !
Agrippes-la et tires !!
Je ne veux pas toucher son fond, il fait froid en bas.
Retiens ma main…
Les forces me manquent…

Impuissant, effondré, le gouffre m’emporte dans ses caves, ses tournants imprévus, ses pièges si difficiles à déjouer.
Et tu me regardes.
Tu as laissé ma main vidée de sa raison, accrochée à l’idée qu’à deux c’est mieux.

Je sombre et m’enfonce, tourne et tournoie dans ce puits sans fin où les rêves ont échoué, fracassés, brisés par les autres, ceux qui ont la raison d’avoir raison, et qui ne se trompent jamais, ceux qui ne font jamais d’erreur et l’erreur est pourtant humaine et je respirais près de toi et j’étouffe dans ce puits qui m’étrangle, j’ai mal au ventre, je ne veux pas échouer au milieu de ces rêves déchus et de la fin de tout ce qui aurait du avoir un sens si la raison, cette foutue raison n’avait pas été si forte, trop forte qu’on l’entende crier et hurler et séparer ce qui ne doit pas être séparé, parce que ça fait mal, parce qu’on tue pas d’avoir rêver, parce que les rêves ont un sens si on les vit, et je refuse, je me débats, je frappe et cogne contre les parois de ce trou rempli de rêves abandonnés, je ne veux pas !
Ici, les rêve puent le rance et la pourriture !
Rends-moi ta main…
Tires…
Je veux rêver et voir les rêves jaillir !
Je veux respirer à nouveau ton air
Je veux voir ce que tu vois, aimer voir que tu souries.
Je veux goûter ce parfum qui t’a brûlé la peau et le cracher dans les passages du sans souci, parce que la vie n’est pas juste, et que les rêves ont cette foi de réparer les oublies de parcours, parce qu’ils ont le droit d’exister, sinon pourquoi naissent-ils…

Je frappe encore, ma tête cogne sur la paroi d’un rêve qui se décroche et vole comme un nuage de fumée perdu dans ce puits des tourments : un rêve mort qui part en fumée, c’est des vies balancés contre un miroir aux alouettes, et qui s’écroulent dans l’ordinaire ennuyeux.
D’un revers de main, je chasse la fumée de ce rêve mort pour rien et je te jure d’aller cracher sur la tombe du soldat inconnu mort qu’on ait tué son rêve, et ses rêves tous abandonnés qui traînent et gisent sur le plancher usé par la douleur de ceux qu’on a oublié de vivre.

Je me débats avec l’idée qu’ici se terminent les envies, les frissons sur la peau, la peau sur les os, un rien qui tient chaud si le rêve illumine un regard, et les émotions si fortes qu’elles t’ont effrayé et fait se taire ce rêve qui brillaient dans tes yeux si jolis.
Le rêve échoué repose ici, sous les pieds de ceux qui croient encore que la vie n’a un sens que si leur petites affaires sont soigneusement rangées et empilées.
Moi je dis, la fin commence ici, avec les rêves mort de ne pas avoir été rêvé.
Et je redresse la tête, mes yeux s’entrouvrent pour regarder droit devant sans sourciller, je te regarde et mon sourire sera l’offrande d’un instant de rêve à vivre sans avoir peur de se retourner sur les regrets.

Viens…
Prends ma main…
Ne laisses pas nos rêves filer dans les entrailles de l’inutile, ne laisses pas les regrets gagner sur l’insouciance.
Viens, prend ma main, viens maintenant !

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MessageSujet: Re: Sin memori   Mer 3 Oct - 12:51

Tellement de douleurs dans tes yeux, tant de peine…

Moi je reste la, devant toi, immobile de cette peur de te blesser, incapable de cette peine
de pas pouvoir t'aider…

Dis moi, montre moi, ce que je dois faire, ne me raye pas pour la seule raison que je suis trop stupide pour savoir comment effacer ces larmes invisibles qui noient ton si beau visage

Regarde moi Arlequin, je suis la petit poupée de verre froide et éloignée, mais regarde
encore regarde plus loin, regarde et vois ce que tu voyais encore il n’y a pas si longtemps, avant que les débris des jours gris viennent t'aveugler…Regarde me reconnais tu ? petite poupée de porcelaine dur et froide, mais tendre et
brulante sous la chaleur de tes flammes…

Regarde, je n'ai pas changé, chasse tout ce gris et vois a nouveau

Ta main , je ne dois pas la prendre, elle n'a jamais quitté la mienne, comme moi je ne t'ai
jamais quittée, je n'ai pas bougée d'un pas, toujours la, fidele a mon post

Poste que je me suis choisis moi-même, de mon plein gré, parce que c'est toi…. tout simplement

Reviens Arlequin, reviens vers moi, je t'aiderais a remonter cette pente, mais reviens

D'en bas je dois te paraitre étrangère, mais relève la tête, laisse le soleil t'éblouir, te réchauffer et tu me reconnaitras, je n'ai pas changé

Mais ton regard se voile soudain, ton costume est tout sale, ne me regarde pas, pas comme ca Arlequin


Je me sens si petite, si incapable, je veux prendre ta main, mais tu l’éloignes, ne te
retourne pas Arlequin ! Regarde moi comme avant !!!

Tes yeux voguent déjà vers d’autre horizons, promesses de meilleurs temps, pourtant le soleil brille ici aussi, mais tu veux plus le voir…
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MessageSujet: Re: Sin memori   Jeu 11 Oct - 0:20

Musique

Le soleil a perdu le courage d’échafauder ses lumières et de faire briller les astres soudoyés, qui flattent son habit d’ordinaire.
Je me sens tiré, hissé par un fil de temps, un peu de ce temps qui trahi ses promesses, et ta main, elle est froide, toute froide dans la mienne.
Je te regarde, je regarde autour de toi et je ne vois rien, il fait sombre.
Le néant prend ma main pour l’arracher à la tienne, la peau se déchire et les lambeaux s’envolent poussés par une souffle glacial au visage des vautours, les pillards des bonheurs.
Ma main bat de l’aile, reste suspendu, sans la force de guérir ses déchirures.

Elle tremble, vacille du bout des doigts, tâtonne le vide, impuissante, elle abdique et lasse, usée à force de caresser l’absence, brûlée par un autre visage, elle s’enfuit dans le fond d’une poche.
L’autre approche ton visage de marbre, elle tremble aussi.
Elle a peur de te faire peur, la peur de ce visage inconnu aujourd'hui, qu’elle connaissait hier, tout à l’heure.
Elle avait apprivoisé ce sourire que tu avais, cette joue qui rosissait sous ses caresses effleurées, et du dos, elle aimait à y trouver sa place, en geste délicat, en douceur parfaite, elle posait le sceau des rêves à venir en repoussant derrière ton oreille, cette mèche que tu prends entre tes lèvres quand ton regard s’illumine et que tu souries. Quand tu souriais encore.

Regardes-la flétrir, se recroqueviller et son poing se refermer sur le deuil de ce qu’elle aimait toucher et caresser, et érafler, sillonner, faire naître des frissons si beaux qu’elle les pourchasser au creux de tes reins, aux creux de ton ventre.
Elle tremble et se referme, recule, tremble encore et puis s’en va, s’éloigne de toi, de ce visage qui l’ignore.
Cabossée, elle rejoint elle aussi, le fond de ma poche.

Le rideau tombe et annonce la fin du spectacle.
Derrière, tu es là.
Je regarde ta silhouette à travers ce tissu que je déteste soudain.
Impuissant, les mains au fond des poches, je me retourne et tourne le dos à ce rideau que je déteste.

Il fait nuit, pourtant le soleil est là, quelque part, enfoui lui aussi derrière ce rideau qui masque ton visage, entache tes yeux si jolis, camouflage de tissu qui ne t’appartient pas, que tu détestes autant que moi je le hais.
Ce tissu poussiéreux qui appartient aux autres, ceux qui ont vu leur rêves s’effondrer les uns derrières les autres et qui voudraient que tu leur ressembles. Ce cercle qui tourne inlassablement et ainsi va la vie, la belle affaire.
Et qui anéantit les rêves, empêche les enfants de grandir et renvoie les rêves aux rêves désuets. Brisé aux genoux, le rideau fait de toi ce qu’il veux, tu te trompes, il te ment.
Mais il est si épais.

Mes mains lasses se reposent au fond de mes poches, elles ne déchireront pas le tissu du rideau. Elles ne viendront pas chercher l’essence de ton regard inaccessible.

Il suffirait d’un regard, un signe, richesse de ton âme, sa beauté qui m’a séduit, saisie et gardée si près de toi.
Une main qui repousserait ce voile de tissu, ce rideau de poussières et de haine enlacées, la colère accrochée, rivée aux certitudes d’avoir raison, cette raison qui tend le tissu si fort que son filage nous sépare et broie nos sens dans les colères à ne pas suivre.
Si peu de chose, un sourire, une larme qui lave le tissu qui salie, une main qui s’accroche à la mienne et dévoile ton visage.

Je regarde devant moi, usé, fatigué.
Je te tourne le dos, toi qui souriait pourtant tout à l’heure, avant hier, je ne sais plus, j’ai perdu le fil du temps.
Mes yeux se ferment, mon visage se referme, je ne vois plus rien que ce souvenir qui se fraye un chemin dans les méandres d’une querelle en trop, une de plus, encore une qui ne sert à rien. Ces colères que l’on dirige vers d’autres, ces haines d’hier qui reviennent et qui frappent, et font mal et usent, déchirent comme la chair de ma main réfugiée au fond de ma poche.
Cette main que tu embrassais, et que tu blottissais dans la tienne, contre ta joue rosie.
Ta peau si douce, ton regard qui m’emmenait dans ces nuages que tu as élevé pour nous.

Une larme s’échappe au coin de l’œil. Je pense à toi.
Un souvenir revient et chasse l’autre au visage des colères idiotes, le blanc recouvre le noir, la lumière embrase ton ombre, les couleurs reprennent les remparts des temps arrachés, perdus.
L’innocence salue l’immonde et balaye sa carcasse d’os trop vieux rongés par le temps des autres, ce temps qui ne doit plus te rattraper et rester aux autres. Ce temps qui n’est pas fait pour toi.

Ma main saisie se souvenir au fond de ma poche, elle frémit un peu, les doigts s’évadent et s’étirent pour se retirer enfin, et sortir ma poche.

J’ouvre les yeux, je regarde ma main, mon doigt qui s'étend d’aimer essuyer les larmes, les tiennes, de joie, du bonheur de savoir qu’a deux c’est mieux.
J’essuie la larme au coin de l’œil, et lentement retourne vers toi, face à ce rideau des fins de spectacle où les applaudissements devraient toujours applaudir les airs heureux.
Je tends la main vers ce rideau trop poussiéreux, sale et trop vieux, râpé, usé, inutile, et j’essuie la larme au coin de ton œil.

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MessageSujet: Re: Sin memori   Lun 15 Oct - 12:42

Ce rideau que j’ai mis des années a tisser...

Fils rouges de ce sang que je n’ai jamais fait couler
Peine après peine, peur après peur..

Tous ces soirs d’hiver, seule, a la lumière d’une bougie, je tissais, tissais et mes larmes venait se poser, créant ainsi tous ces jolies reliefs que tu effaces maintenant.

Et jour après jour , heure après heure, mon sourire se dissipait et le rideau se transformait
De plus en plus long, de plus en plus épais, étoffe compacte, inébranlable, tissu froid et rigueu

Mon rideau, mon armure

Derrière le tissu, une bougie en main, j’observe ta silhouette, ombre chinoise, reflet à l’envers, jeu de miroir

Tes doigts s’approchent, mon cœur accélère, ils s’enroulent dans le tissu, je recule…
Je voudrais tellement que tu viennes
Je suis si seule de ce cote du miroir

Mais le reflet de la bougie est fourbe, regarde ces rides qu’il me dessine et ce sourire crispee, qui déforme mon visage

Pousse le rideau, laisse le vent éteindre ma bougie, regarde moi dans la lumière du soleil

Je t’attend viens, aide moi a souffler cette bougie, ce feu qui réchauffe mais qui déforme
aussi, ne me laisse plus me bruler les doigts, j’ai essayer tellement de fois,
mais toute seule je n’y arrive pas...
Viens on brulera ensemble ce rideau et on éteindra cette bougie, a deux…

Toi et moi, du blanc et du rouge, éteint mon rouge fait moi devenir blanche…
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MessageSujet: Re: Sin memori   Mer 17 Oct - 19:45




Ombre chinoise…
Je te vois derrière le rideau, ombre, parfum d’embrun, échouée sur des rives inconnues, je voudrais arracher cette toile de fond, ce tissu macabre qui cerne ton visage, tes si jolis yeux devenus fades et froids, austères et qui brûlent et châtient. Je baisse les yeux, m’incline et tire ma révérence.
Je voudrais te fuir, m’en aller, m’éloigner, d’un pas, un si petit pas, loin de toi, de ta colère, de ta rage qui fait mal, tellement mal.
Loin de ce visage qui ne te ressemble pas.

Il n’est pas à toi, je ne te reconnais pas, je ne veux pas te voir, pas comme ça, pas maintenant, plus jamais !
Laisses-moi partir !
Ne ris pas…
Pourtant tes mots sont là, quelques part le souvenir de ces bruines délicates qui coulaient sur mes cheveux, rebondissant sur mes épaules, éclaboussant mes tympans. Tes mots pétillants, tes mots étincelants…
Rends moi tes mots !
Ou laisses moi partir.
Ne me retiens pas.
Ne me souries plus.
Laisses-moi !

Je me retourne sans choix, je me retourne et te tourne le dos.
Je te fuis, je m’en vais, je ne reviendrais pas.
Laisses-moi m’en aller.

Je me sens mal, vaincu, terrassé par un visage revenu des passés. L’histoire se répète sans s’user le lard et l’aboyeur frappe armé de ses artifices trompeurs, piège à loup blanc, crocs de soie, il mord à pleine dent et défigure ce qui devrait être toujours pur. Le sang des sangs revenu de l’originel, coule et déverse ses chagrins qu’on a pas soigné.
Il coule dans les veines, emporte les rêves et sans trêve déchire les artères, casse le cerceau de la petite fille, brise sur son piédestal la poupée de porcelaine aux mille éclats, éclabousse l’âme qui tentait de rire enfin.
La petite fille s’agenouille maintenant, ses yeux verts emplis de larmes émeraudes fixent tristes les éclats de porcelaine amoncelés ça et là, du bout du doigt, les restes des rêves d’enfant. Elle n’ose pas verser la larme qu’on lui a interdit.

Ravales ton sanglot et saignes en silence, étouffes les mots qui soignent, l’aboyeur veille et frappe si tu oublies le sang originel !

Le pantin se recroqueville, il est blessé.
Il assiste impuissant, le regard peint à l’huile par un peintre étourdi qui a oublié de lui dessiner des paupières de pudeur.
Une larme de lin perle et glisse, sillonne sa joue de peinture blanche, encore une rature du peintre maladroit.
Sa main de bois saigne des larmes enragées, sa peau s’écaille sous le tranchant de tes griffes acerbes. L’aboyeur a gravé son œuvre ancestrale dans la chair de sa chair et refait les traits de ton visage à son image.

Le peintre a du oublier de dessiner un mur d’acier sur la poitrine du pantin de bois, le sculpteur lui, n’aurait jamais du graver un cœur à cette place.
Maintenant le pantin s’effondre en larmes et copeaux de cires et de couleurs, aquarelle des déchus. Il racle ses genoux sur le sol dur, et rampe jusqu’au mur de pierre.
Les jambes brisées, ses mains s’usent la corne, et il rampe, trébuche et tombe, glisse et s‘abîme encore. Jet de sciure, éclats de pigment, vermeille flétrie qui trace un chemin de supplice à la sueur de lin, aux larmes térébenthine, une lueur funeste sur le marbre d’hier.

Dans le coin du mur, l’obscurité ombre son visage de bois desséché, ses cheveux de chiffon blanc dégringolent sur ses yeux vert peints d’il y a longtemps.
Il se fait petit le pantin de bois, il parait si vieux.
Il s’écrase et se replie sur lui-même, la tête branlante et qui s’écroule en avant, pendu au cou brisé. Triste petit pantin désaccordé qui ne sait plus où perdre la tête.

Un dernier soubresaut, il secoue la tête, s’ébouriffe et triche d’un sourire, pitre dans l’âme, menteur jusqu’au bout des peines, il tente un rire qui s’oublie dans le silence des mots éteints. Le marionnettiste l’a bien dressé.
Il frotte son oeil des larmes qui l’obstruaient, les copeaux mouillés s’effondrent en flop.
L’un tournoie têtu, et un souffle dernier espoir s’en empare et l’emporte, il vole, tourbillonne et s’affole, loin du pantin de bois qui s’écaille en sanglots.
Un minuscule copeau de bois, peu de chose au fond, la lame d’un couteau à bois, un rien de lui, le pantin qui se lamente et pleure des rognures, misérable.
Mais le copeau sans voix en vol s’épuise, tombe sur le sol et s’affale au pied du rideau décharné, au bout du souffle.

Le pantin blanc de bois et de chiffon fané sursaute.
Lève un cil de fil en soie, fronce un sourcil en crin peint de blond et de fil en esquisse redresse son visage raturé.
Il regarde la chute insupportable du pétale de bois et s’inquiète soudain de ne pas avoir de souffle, il aurait pu l’aider et souffler, cracher sa peine au lieu d’en faire des sciures idiotes et qui ternissent le sol.

Il s’étend et se tend, étire sa jambe de bois faite de rien, et puis, péniblement du bout du pied pousse le copeau divin sous le rideau, contre ton pied.
Un masque tombe.
Un sourire bouffon s’y cachait.
Le clin d’œil du fou des rois.

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MessageSujet: Re: Sin memori   Dim 21 Oct - 10:52



Je regarde le copeaux de bois contre ton pied, l’espoir qui renaît, la vie qui s’éveille en moi et renvoie le pantin de bois au rangé pour plus tard.
Je vis, je revis, je rêve et enrêve l’avenir, je sourie à nouveau. Te revoir enfin.
Brusquement, bruyamment sans l’avoir envisagé, un mur de pierre se dresse, dur et solide, puissant et ancré dans le sol, indéracinable, indestructible, ce mur je le hais, je l’ai déjà entrevu, mais j’ai oublié.

Je ferme les yeux de larmes.
Ceux du pantin qu’on croyait rangé s’encrent de larmes peintes.

Lui, déjà brisé, abîmé, se lève et peine devant ce mur de pierre.
Sa petite main de bois gratte son crane de bois, ses cheveux de chiffon qui s’ébouriffent et se redressent drôlement. Il a pas l’air malin le pantin avec ses cheveux dérangés.
Il enfourne ses mains dans ses poches trouées, et marche, tourne et se retourne, il fait les cent pas devant ce mur qui l’énerve et impuissant baisse sa tête de bois et puis, il regarde ses chaussures râpées, usées, des chaussures que l’artiste fauché lui avait enfilé en contemplant son chef d’œuvre, la fierté clignant dans l’œil, son œuvre qu’il croyait fini.

L’artiste l’avait imaginé, conçu, et puis avec ses mains pleines de rêves, il a sculpté un morceau de bois, taillé sa chair au ciseaux, les yeux, la bouche, le sourire sur la bouche, ces oreilles qu’ils trouvaient trop grande et qu’il avait retaillé avec affection, un amour qui grandissait avec chaque entaille, chaque martèlement au ciseau à bois.
Lorsqu’il a peint son oeuvre, dessiné des lèvres au sourire sculpté, et colorié ses yeux avec l’espoir du vert, il était fier l’artiste.
Il imaginait le destin de son pantin sur le devant des scènes, des applaudissements pour chaque geste qu’il lui donnerait, des fleurs jetées pour ce sourire qu’il avait mis tant de temps à sculpter, mais les hues, il ne les avait pas imaginé, elles ne faisaient pas partie du tableau.
S’il avait su, l’artiste, il n’aurait pas fait un sourire au pantin, il lui aurait bâti un visage sans rire, des yeux sans étincelle, un regard pauvre et des larmes fausses, des larmes qui trichent et que personne n’aurait aimé.

Le pantin arpente ce mur qui le défi et qui l’insulte par son existence, il rame devant cet édifice indestructible, et derrière lui, elle.
Elle, qui s’est emmurée.
Pauvre petit pantin de bois qui ne sait pas faire grand chose, au fond, peut-être essayer de s’user les genoux et tendre sa main de bois, c’est tout ce qu’il sait faire le petit pantin de bois et de chiffon.

Appuyé sur ce mur de pierres trop lourdes, une main écrasée sans intérêt, l’autre qui esquisse des dessins imaginaires du bout de son doigt de bois, machinalement le pantin crayonne des mots sans fin, des histoires qui perdent leur sens seules, sans écho pour les faire respirer.
Il ne sait plus quoi faire, ses mots restent vains et se perdent au fur et à mesure qu’il les écrit.
L’écho les écoute sans y répondre, et puis fini par les oublier, et le pantin s’ennuie à bout de phrases, au bout des mots.

Soudain le petit pantin de bois qu’on croyait assommé, s’enrage et de colère et de peine, frappe le mur de pierres trop lourdes.
Il frappe et frappe encore, et ses mains de bois cognent et ricochent sur la pierre, mais il ne se décourage pas, il lève ses poings de bois et de toute sa colère de peine frappe encore, et encore, il frappe et une pierre tombe arrachée au mur.
Au travers du trou dans le mur, la lumière jaillit d’étincelles superbes et généreuses, ces mille éclats de toutes les couleurs qui l’aveuglent et qui le font sourire, et il rit à grand sanglots, c’est comme ça derrière le mur de pierre.

Mais le mur est plus fort, elle rebouche le trou et la lumière s’en va avec les sourires et les rires.

Le pantin muet, éperdu, lève ses poings et frappe de toutes ses forces sur le mur et le trou rebouché.
Il frappe, il frappe si fort que ses mains de bois se brisent sur la pierre, et tombent en lambeaux et sciure.
Le pantin aux mains brisées tombent à genoux et ses genoux se brisent à leur tour.
Il s’écroule sans articulation, sans main pour se tenir au mur, petit pantin désarticulé qui gît devant le mur froid et indifférent.

Le pantin aux mains ensanglantées a perdu l’espoir et meurt en miette.
L’artiste aurait pu lui donner plus du courage !
Mais l’artiste n’est pas parfait, sûrement.

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MessageSujet: Re: Sin memori   Mer 31 Oct - 16:04

Un copeau de bois viens heurter mon pied une larme brille au coin de ta joue, mon intérieur craque, crie, gémit, mais…

Tes doigts toujours enroulés, dans le rideau, mon cœur qui bat, impatient de te revoir a nouveau…

Mais le sang et plus fort, beaucoup plus fort, tu ne me croyais pas, pourtant je te l’ai dis et
répété je suis bien trop faible, mais tu ne voulais pas l'entendre….

Du bout du pied, j'accroche le rideau et retient toutes tentatives
Pourtant c'est toi, rien que toi que je voudrais voir de l'autre cote du rideau…

Mon pied, je le couperais bien si ce n'est que j'en ai besoin pour d'autres choses

J'ai peur Arlequin tellement peur j'ai plus envie d'avoir mal…plus jamais

Alors j'appelle ces pierres, je prend mon temps de les poser l'une sur l'autre dans ce geste que je connais trop bien, froides et durs, elles sont la protectrices de la
petites poupée de haillons…

Tu les reconnaitras sans doutes, ou peut être pas…

Regardes moi derrières ce mur, j'ai pas l'air fin, seule loin de tout le monde mais en sécurité, au dessus de toutes attaques, de tout ces coups, que l'on m'assènera surement…

Frappez ! Criez ! c'est le moment je suis protégée..

Lâche… je le suis, je ne l'ai jamais niée, a quoi sert de mentir pour des choses si clairs

Lâchement, je reste derrière mon rideau bien au chaud, loin de tout le monde, mais comme pour chaque chose, ici aussi il y a un prix a payer… loin de tout le monde et loin de toi

Les mains à plat sur le mur je guette chacun de tes mouvement, que fera tu ? me laissera tu ? partiras tu ? J'ai peur…

Soudain tu t'arrêtes, mon souffle te suit
A bout de souffle, derrière mon mur, je m'accroche a tes gestes, relis chaque petites
lettres, chaque nouveau mots sortit de sous tes doigts…

Je cherche, j'attend, patiente, tu trouveras cette phrases magique, la clef de ce mur, je
le sais, je le sent, je le veux…

Mais tu es trop impatient, ton cœur s'emballe trop vite

Le mur tremble sous tes poings
Arrête, arrête ! je t'en supplie tu me fais mal… arrête

Appuyée contre les pierrres froides, je suis le mur et toi…toi tu frappes, inconscient de la peine que tu fais

Une pierre tombe, une larme roule, j'ai froid
Dans un dernier geste conscient, je rebouche l'ouverture béante, saignante

Le chemin n'est pas ici, Arlequin pas comme ca…

Tu ne comprends toujours pas, tu refrappe à nouveau, toute cette colère et impatiente que tu déverse

J'ai froid derrière mon mur, mais tu n’entends pas, tu n'écoute plus, aveuglé par ce but que tu t'es mis en tête

Faire tomber ce mur et s'il suffisait de le contourner ? Suis-je obligée de le détruire ?

J'en ai besoin, j'en ai encore besoin, je lui dois beaucoup a mon mur…

Sans lui je ne serais plus rien…. comprend ce que je te murmure
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MessageSujet: Re: Sin memori   Mer 31 Oct - 21:50



Le marionnettiste sort d’un coin de porte, d’un coin de mur, quelque part il se cachait effrayé de montrer son visage un peu trop modeste, un peu trop prétentieux, jeu de taquin.
Il avance un pas, un deuxième aussi incertain.
Il contemple sa marionnette étalée sur le sol, les mains brisées, les jambes cassées, les articulations ont perdu leur mortaise, les bras traînent plus loin, petits morceaux éparpillés d’un rôle échoué.

Les mains enfoncées dans les poches, il regarde le triste spectacle et se dit que finalement, il était temps que le rideau tombe.
Il regarde le mur qui se dresse devant la scène, froid et dur.
Il s’accroupie devant sa marionnette, son pantin de bois qu’il anima avec tant de passion, tirant les fils de soie et de lin, la main se levait et saluait, une courbette, une révérence, un sourire de posture qu’il aimait à transmettre, et il s’offrait en spectacle sans réserve son pantin de bois et de chiffon, qui souriait.
Lui, ne montrait pas son visage, jamais.
Il restait dans l’ombre de son pantin.
Suspendu, caché derrière le mur de bois, il tirait les ficelles et il rirait de son spectacle, les plus beaux de sa vie d’artiste.

Et puis le pantin devint si grand qu’il occupa toute la scène, il accapara chaque applaudissement, chaque rose jetée sur les planches il les ramassa, laurier, feu de la rampe.
Le marionnettiste tirait et tirait sur les fils, mais le pantin n’obéissait plus, il n’en faisait qu’a sa tête.
Le marionnettiste assistait impuissant, il ne comprenait pas, il n’a jamais compris.

Maintenant, il ne sourit plus.
Il ramasse une main, puis l’autre, la tête de bois qui a roulé plus loin.
Il regarde sa marionnette cassée, elle lui paraît soudain si vieille.

Dans sa main, il serre la tête du pantin.
Sa peinture est rayée, des fissures gravent et dévisagent le regard qui était pur.
Ses yeux ont perdu la lumière qui les rendaient si attachant, la peinture supporte mal la lumière.
Le blanc s’est étiolé, le bois refait surface et donne raison au temps qui a bouffé les pigments.

Le souvenir des fausses notes, des accords sans dièse, les pauses semaient au hasard, parfois quelques bémols pour taire un silence pesant.
La voix du pantin s’est désaccordée.
Le Si sonnait tristement en La, le Mi s’exaltait gravement en Fa, piano à trous aux cordes distendues.
Touches d’ivoires boiteuses, le son des marches funèbres.

Au fond, le marionnettiste n’a que ces regrets éparses, des bribes de souvenirs qui le rongent parfois et lui volent un sanglot, une petite larme éphémère versée sur le temps qui a passé.
Il se sent vieux, sa démarche est devenu bancale, ses os craquent et si la pluie s’énerve à trop mouiller, alors ses articulations grincent comme une poulie mal graissée, comme son pantin brisé.

Ses yeux ne regardent plus le pantin, ils s’abandonne sur le mur dressé.
Celui là est solide malgré les joints qui se délitent ça et là.
Le visage de bois glisse de sa main et roule sur le sol froid.

Le marionnettiste pose sa main à plat sur le mur, il s’appuie, soupire las.
Il découvre que la pierre peut être douce, mais qu’elle reste froide sous la paume de sa main.
Il a froid.
Il se sent si vieux, trop vieux pour poursuivre l’œuvre de son pantin, et puis il n’a pas sa couleur ni sa verve, ni le courage des masqués et la jeunesse fougueuse, insouciante et pourtant si précieuse.
Il regarde les mots et les phrases gravés dans la pierre, des mot de peine et de cœur, des mots qu’on ose à l’aube d’une vie.
Lui, il sait que son pantin était fou, le fou des rois.
Lui, il sait que la poupée de haillon appartient à son pantin.

Il a peur, il a froid le marionnettiste.
Sa main tremble sur la pierre froide et douce, pourtant.
Les questions et les doutes l’assaillent, il tombe sur ses genoux d’os et de chair, et frappe la pierre.
Son poing ne se brise pas comme les mains de bois du pantin, la chair s’ouvre, le sang coule entre ses doigts, épais et chaud.
Il a peur comme son pantin riait aux éclats et faisait rire, ou pleurer.
Il tremble comme son pantin révérencieux, malicieux, espiègle jusqu’au bout des verbes, savourait la main d’une belle étoilée.
Il se sent vieux comme son pantin lui paraît soudain si vieux, usé, râpé, fatigué, brisé jusque dans l’âme.

Morceaux éparpillés et de sciure en écharde, une main de bois, un pied, une jambe et sa tête qui roule et roule encore sur le sol, poursuit les sillons des dalles en tourbillon et puis joue les culbutos sur une arête arrogante, le regard pendu au pied d’un vers, taquin.

Il se sent vieux le marionnettiste.
Il pleure comme son pantin pleurait.

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MessageSujet: Re: Sin memori   Dim 11 Nov - 21:57



Assommé par l’impuissance, il ne relèvera pas la tête.
Il pose ses mains abîmées sur la dalle froide. Il prend appui et lentement puisant dans ses forces restantes, il recule. Lentement, le marionnettiste fatigué recule vers le mur et s’y appuie.
Sa tête basculée en arrière, le sommet de son crane qui se dégarnie appuyé contre la pierre, le regard qui ne regarde plus planté dans les étoiles, ces souvenirs d’il y a pas si longtemps, du temps où on regardait sa marionnette avec concert. Les feux de la rampe, il les a brûlé et s’en est foutu plein le ventre et l’estime de soi.

Ses jambes s’étendent, ses bras tombent le long de son corps de vieil homme fatigué.
Ses yeux se referment emprisonnant l’hypothétique larme de la fin.
Il repense sûrement au feu qui l’animait, à ce feu sacré qu’ont certaines personnes et qui les font avancer, toujours, sans cesse marcher devant sans regarder l’apitoiement.
Lui, il a tout donné.
Maintenant, il a le droit au repos. Il se donne ce droit empoché avec la fin de son pantin de bois, cette marionnette qu’il a fait de peu de chose, quelques idées par-ci qu’il n’a même pas rêvé, de simples morceaux d’idées accolés les uns derrière les autres, avec au bout, le pantin qui s’anime et se révèle.

Toujours ce maudit pantin qu’on aima plus que lui, sans doute.
Lui, était celui qui se cache derrière un mur d’apparences.
Funambule des airs de son œuvre, un pantin de bois et de chiffons blancs, le pantin oublié au moment précis où les flèches traversèrent son torse, crevant l’idée qu’il se faisait de la fin.
Foutaises et sottises, il n’avait que la sagesse des imbéciles pour se tenir chaud, comme le sang coulait de son sein, comme son cœur s’est vidé, éreinté de vivre ce qu’il n’a plus choisi.

Hué le cœur ouvert, décrié le sang coulant et souillant son habit blanc de bouffon, les charognards ont oublié de saluer l’artiste, un dernier sourire, un dernier salut et à la prochaine.
Ils ont planté leurs crocs indifférents dans la chair, et tiré sur les viscères, à peine le sang auréolant une terre qui n’était plus la sienne.
Pas de salut pour un pantin mort, affalé sur des terres fermées.
Les restes oubliés, le sang séché, la chair à vif, le pantin s’est étiré jusqu'à ses pinceaux, retraçant le traits déjà signés, soulignant les mots essentiels, les mots à ne pas oublier, la rage pour un autre jour, les querelles d’une fin incomprise, la larme des crocodiles, la bave des crapauds, l’orgueil des assassins.

Il a pleuré dans le silence des quelques gouttes de sa peinture, ses aquarelles qu’on ne comprenait pas toujours, des mots écrits, des maux peints sur de vieux cahiers à spirales.
Il a eu mal sans le dire, ses peintures pleuraient pour lui. Les larmes de l’égoïsme, des colères déplacées, des rancunes nombrilistes qui font oublier.
Si vite oublier les temps des copains, ceux qu’on aime à aimer.

Il a eu mal des regards qui se sont détournés, de ses cris pour lui, le défiant et l’humiliant plus que sa faute.
Juges et assassins, ils se sont détournés de la scène vide, le pantin déserteur sifflé.
Pendu à l’échafaud pour avoir hurlé bouche-bais le mot « liberté ».
Incompris jusqu’au bout de la corde, ses pieds basculent encore dans la tête du marionnettiste.

Sa peine ravalée, indigeste et sournoise qui use les sucs et tort le boyau, il a marché la tête enfoncée dans les épaules, mais pas vaincu, convaincu d’avoir choisi la bonne fin, le bon moment salutaire et essentiel, il a frappé du poing mesurant dans sa propre impuissance, ces regards qui regardaient ailleurs.
Coupable par acquis de conscience, ceux qui montrent du doigt l’ont désigné malgré, malgré… bon grés.

Le marionnettiste rêve encore.
Autre part.
Il rêve à ces pantins qui s’endorment sur leurs certitudes inébranlables, ces certitudes morbides qui rendent la vie plus compliquée qu’elle ne l’est.
Il baille et s’étire, et puis s’endort.

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MessageSujet: Re: Sin memori   Dim 10 Fév - 1:03

A son réveil, le marionnettiste est seul.
Elle est partie comme elle est arrivée, de peu de rien, de quelques phrases d’apothicaire échangées, de quelques passades dans les méandres des doutes, le temps des mots joyeux qui courent et recouvrent les pages, quelques mots éparpillés sur des feuilles sans nom, papier ordinaire aux vertus sympathiques, orgueil de soie pour des livres innombrables en pages de bleus à l'âme, de verts aux yeux, et du rouge sur les joues.

Un sourire, une larme, chacun sa peine.
Le marionnettiste est seul et se sent seul. Il n’a plus que le loisir de contempler sa marionnette, son œuvre, son premier chef d’œuvre qui lui vola la scène.
Il n’a pas bonne mine, le pantin de bois et de chiffons.
Un peu comme son créateur, animateur perdu, il ne sourit pas beaucoup ; le peintre aura du travail pour redessiner le sourire qui transporte dans les rêves, sur ce visage abîmé, cassé par-ci, un peu par-là aussi.

Du bout du pied, il pousse sur la main brisée. Geste d’entente, il tâte pour voir si le bois vaut la chandelle qu’il usera à réparer ce qui est cassé.
Mais, il manque de force, son pied repose sans envie au bout de sa jambe, pendu sur le pavé glacé qui lui ronge les flancs et fait frissonner sa peau, comme une lime arrache la sciure au morceau de bois, et ça hurle, ça crie, ça déchire quand la lime s’applique à mieux défoncer la peau de bois, pourtant le bois ne se plaint pas, il se courbe, s’arrondie lisse, et devient ce que le sculpteur voulait en faire.

Un peu de sciure sur le pavé, près de sa main qui frotte machinalement et dessine un visage au bout du doigt, gomme un trait par ici, en ajoute un pour mieux souligner une expression, celle d’un sourire dessiné à la sciure sur la peau du sol, le pavé glacé qui fait mal qu'on y reste trop.
Un souffle tiède comme la fin d’un beau rêve vient souffler sur le visage de sciure, et gomme le trait du sourire, efface les contours et mélange les traits. Le visage se déforme, devient flou et incompréhensible, puis disparaît dans la marée d’un souffle de fin de rêve.
Maintenant reste en suspension un souffle froid, celui des cauchemars.
Souffle qui gifle, racle la peau, arrache le duvet des jolis rêves, déchire la trame d’une histoire qu’on imaginait sans fin et puis s’en va, laissant la douleur de ce qui n’est plus, de ce qui aurait pu être.

Une plaie sans cicatrice, un reste d’un peu de rêve, quelques esquisses d’un rêve achevé, des bribes de souvenir qu’il faudra longtemps ranger dans un casier à ne pas déplacer, ne pas bousculer, ne pas renverser et puis l’oublier.
Oublier qu’à l’intérieur se trouve ce qui fut merveilleux, un rêve qu’on aurait préféré poursuivre à l’infini, mais qu’une réalité s’est évertuée à reposer sur un trône divinatoire, comme seule issue, fatale.
Un réveil brutal, une fin de jour, le début de la nuit.

Le marionnettiste sait tout cela, il se réveillera de cette nuit, peut-être, plus tard, un jour meilleur, plus loin, il le saura quand un soir il ouvrira ce casier et reprendra les souvenirs pour qu’ils ne soient plus que des jours heureux.
Mais ici, ce soir, il se détourne du casier, le visage couvert de larmes.

Il pourrait faire table rase, d’un coup violent, fracasser tout ce qui l’insupportent et rend sa vie insupportable, ce moment coincé dans sa gorge qui l’empêche de hurler, prendre sa rage à pleine main et la jeter contre ce mur en face, ce mur qu’il n’a pu traverser, et prendre la colère et s’en servir comme étendard, la brandir et cacher tout ce qui est sale et qui sent mauvais, et puis crier, hurler dans la nuit pour la chasser et que le jour renaisse, que le chant des oiseaux inonde et embrase les cœurs endormis, ceux qui ont oublié de battre ou qui ne battaient pas assez fort pour qu’on les entende.
Oui, il pourrait faire ça, le marionnettiste.

Mais il préfère ranger son casier, soigneusement y mettre les souvenirs à se souvenirs, les souvenirs pour plus tard, lorsque le jour se lèvera à nouveau.

Il fait nuit maintenant.
Le soleil ne se lèvera pas demain, ni après demain.

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