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 Le mouchoir troué

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Arlequin
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Jeu : Ithryn Luin !
Race : Humain
Classe : Egarée sous un trone
Date d'inscription : 27/09/2005

MessageSujet: Le mouchoir troué   Mar 30 Jan - 1:02

Elle est belle de son age, elle a l’age de sa beauté
Je l’ai vu marcher, le dos courbé, arrondi par le temps qui pèse
Le temps qui écrase les os, dessèche la peau, ride les visages.
Ce soir, je perds celle qui m’a montré l’amour sans convoitise, sans tricher.

Un matin, elle a ouvert grand ses bras, et fermement, elle les a enserré autour de moi.
Elle m’a serré si fort, que j’ai eu mal, si mal de ne pas avoir connu cet amour avant.
Et je n’oublierai jamais, le souvenir merveilleux de son baisé, écrasé sur ma joue.
Et je garde son empreinte comme un présent divin, un primesautier de sincérité, un geste simple, sans luxe trompeur, sans duperie, sans escroquerie.

Sa peau douce, tiède, le contact de son cœur, ses yeux qui m’aimaient.
Ses yeux si purs, si beaux, son regard qui fend les cœurs, découvre l’esprit de ses voiles grisailles, et fait bondir et jaillir les sourires.
Sa main qui me gifla, un câlin de colère, une caresse détournée.
Elle n’a jamais su faire mal, elle ignorait le mal, elle embrassait même en gifle, et je pleure encore sa main qui me gifla.

J’enferme son souvenir dans un mouchoir de tissu ordinaire, et je la laisse partir, le cœur lourd, et pourtant heureux, heureux de l’avoir rencontré, elle, si belle.

Je pleure, je pleure de ne la revoir qu’au travers des trous dans mon mouchoir de poche
Je pleure de ne pas avoir su lui dire, les mots étouffés par les pudeurs idiotes, les interdits que l’on fourre dans la tête des enfants qui essayent de grandir, et qui trébuchent, et tombent, et se blessent, et puis qui s’agrippent à des chastetés idiotes, se relèvent parce qu’il le faut, parce que c’est ainsi et va la vie.
Comme ils se trompent les adultes qui croient avoir raison sur les enfants, sans jamais les entendre.
Ecoutez leurs cris de manque, et écartez vos œillères, et oubliez vos préjugés, parents pauvres et riches, riches généreux, pauvres avides.

Ce soir, je perds le joyaux de mon enfance pas si facile.
Ce soir… ce soir, je te laisse partir, et vole, va maintenant ! Prend le ciel à bras le corps ! Et montre au grand penseur qu’il n’y a pas besoin d’être célébré pour être une sainte.
Envoles-toi, celle qui m’a appris les premiers pas de l’amour.
Ne te retourne pas, ici tout va bien, tu me l’as appris ça aussi.

Je regarde le ciel et je te devine chaparder les couleurs maussades des nuages, et puis jouer avec ces larmes de pluie qui mouillent mon visage, et tu es encore plus belle avec tes cheveux blancs, ton regard usée et tes doigts tortillés.

Je ne suis plus triste, et si je pleure, ce sont des larmes de joie, c’est ce que je dirais aux curieux des peines.


Adessias mamé.

_________________


Speaker Trapp Etc
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