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 Le petit ange

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Arlequin
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MessageSujet: Le petit ange   Mar 1 Nov - 10:28

Le petit ange


Approchez braves gens, je vais vous conter une histoire, approchez Messires au nez crochu et Mesdames à la langue vireuse, gens aux visions figées et aux aboies de récits palpitants et méphitiques, mon histoire de cabotin n’est pas pour les gens de bon alois, si vous êtes de ceux la, passez votre chemin, mais au contraire, si vous reconnaissez votre misère, prenez place, posez vos panses sur vos cuisses et vos arrières sur un siège.

Cette histoire triste ne vous retiendra que par la curiosité et le nauséabond, l’émotion est une vertu bien trop onéreuse pour vos bourses, mais peut-être l’un d’entre vous la comprendra et celui la vous montrera du doigt, car je vais raconter une histoire qui dérange, une histoire d’un ange à qui l’on a coupé les ailes, sans honte ni pitié, pour le plaisir, braves gens, pour le plaisir.

Cet ange, je l’ai croisé un autre jour, un jour de bonne fortune, je l’ai rencontré par un hasard, mais je n’en suis plus très sur, cet ange m’a souri sans que j’en demande, j’ai pris son sourire et j’ai écouté l’histoire qu’il m’a raconté. Il a pris un visage de femme, pour elle, j’ai ôté mon masque de bouffon, pour elle j’ai découvert mes secrets, pour qu’elle m’ouvre son cœur blessé.

Je l’ai écouté raconter, à la fin de ses paroles, j’ai versé en sanglots douloureux des larmes d’humilités, j’ai touché du bout du doigt son âme déchiré, ce don qu’elle m’a fait, je l’ai remercié en pleures pour elle, pour cette fois j’ai offert ces larmes à celle que je trouvais belle, plus belle qu’aucune autre, celle la, je l’ai reconnu.
Son histoire, je la connaissais, mes secrets ressemblent aux siens, comment vous expliquer ce que vous êtes peut-être. Sa souffrance est ma famille, ses peurs mon carcan, j’ai tendu la main, elle l’a saisie, je suis parti à ses coté pour un instant, le temps pour elle de poser son sac, trop lourd pour ses frêles épaules.

Tant de souffrances pour un si petit ange, ses ailes ont brûlé par la bêtise de ceux qui sont l’engeance du pire, les démons au visage de courtoisies, des monstres ordinaires comme on en croise sans le savoir, ceux la qui vous sourient et que vous croyez.
Enfance sans joie et sans rire, où les coups remplaçaient l’amour, où les douleurs hurlaient en silences au lieux des caresses si désirées, la petit ange meurtri n’a pas appris à aimer encore moins à être aimé, il a appris à avoir peur et à craindre, de ces peurs qu’aucun enfant ne devrait jamais connaître, mais le petit ange a grandi, malgré la colère.

Un peu plus loin, quand il pensait que la porte était fermée que tout cela se trouvait de l’autre coté, d’autres démons sont entrés, brisant la porte et les rêves du petit ange, en un instant, le temps d’un plaisir, pas le sien, celui d’autres, celui de ces monstres aux vices déchaînés, son innocence est parti dans un petit cercueil de bois ordinaire. Elle a eu mal, si mal que cette porte ne s’est plus jamais refermée, alors elle a rangé ce mal, entouré d’un mouchoir humide, dans un coin de son âme, elle s’est fané, un peu.

Maintenant, le petit ange se réfugie dans la méfiance, il ne sait pas faire autrement, il se recroqueville et fulmine, si on l’approche d’un peu trop prêt, il se défile si on touche son cœur abîmé et je ne sais plus comment lui offrir mes larmes, les autres lui ont pris tout ce que j’aurais pu lui donner, comme je les hais, ceux la, je crache sur leur visage de tout le monde, je vomis sur leur faciès d'indifférence, à cause de vous, je ne peux plus approcher ce petit ange et bon dieu que ça fait mal.

Mon histoire ce termine ainsi braves gens aux visages ordinaires, elle vous a plus, j’en suis sur, vous êtes de ceux la. Rentrez chez vous, vos mémoires sont si brèves, moi, je vais m’en aller, je vais retrouver ce petit ange et essayer de nettoyer vos salissures, braves gens.
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Arlequin
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MessageSujet: Re: Le petit ange   Ven 11 Nov - 18:54

Le sourire du petit ange

Mais vous êtes la, curieux assoiffés, mesquins d’hier et de demain, mon histoire vous a plu mais ça ne suffit pas, vous voulez savoir plus du petit ange, non, je me trompe, vous êtes de ceux qui ferment les yeux quand il faudrait les ouvrir, de ces gens qui racontent quand on ne leur demande pas, sa misère nourrie vos propres misères et donne conscience facile à vos esprits délabrés, le petit ange ne vous intéresse pas, c’est son histoire triste que vous voulez.

J’ai peur de vous décevoir, braves gens, ce soir, je ne vous conterai pas une histoire triste, ce soir, c’est une belle histoire, une histoire qui vous poussera à quitter l’assemblée, parce que les histoires gaies ça n’intéresse pas l’ignoble, ça ne touche que ceux qui ouvrent les yeux et se dressent tête haute, ceux la, resteront et écouteront la belle histoire du petit ange qui sourit à nouveau.

Allez, braves gens d’apparence, lâches ordinaires, aveugles et sourds d’esprits, sortez maintenant, ce soir je ne vous parle pas, je m’adresse à tous les petits anges, à tous ceux qui ont vu leur vie brisée, par des salauds qui vous ressemblent, sortez mauvaises gens, allez vous-en loin d’ici, loin ailleurs et autre part, la où je ne suis pas, rien ne vous changera.

Vous, gens qui comprenez, je vais vous conter son histoire, l’histoire du petit ange au visage de femme, au visage d’une enfant, devrais-je dire, une enfant abusée par la sottise des monstres ordinaires, ceux qui vous ressemblent d’apparence, mais aux vices meurtriers.

Je l’ai retrouvé, ce soir elle m’a ouvert sa porte, elle l’a refermé derrière moi, elle n’a pas eu peur cette fois, elle n’a pas vu de monstres revenir, elle n’a pas vu la honte se dessiner en couperet d’accusateurs, ce soir Damoclès est mort, le petit ange m’a laissé entrer.

Ce soir, braves gens, le petit ange m’a sourit, il m’a offert son plus beau sourire, celui qui fait pousser ses ailes et me donne envie de voler pour elle. Elle n’a pas eu à frémir des bruits derrière la porte, j’ai su la fermer et lui donner les clés pour qu’à son tour, elle la referme sans craindre. Et derrière, les bruits se sont tus, ils ont cessé de hanter ses jours, les visages de l’horreur sont retournés auprès de leur compagne, la fange, laissant ses nuits paisibles à nouveau, ce soir elle sourit pour moi et mes ailes poussent.

En déchirant son corps, les monstres ordinaires n’ont pas pu tuer son âme, elle se tairait, poussée par ses instincts, elle s’est retranchée pour ne pas qu’on la déchire. Bien sur, son âme à encore mal, comment oublier, comment avoir foi, comment voir le beau quand on a vu que le laid, mais elle est resté la, à l’abris des regards, à l’abris des gens honnêtes d’apparences, ces gens ordinaires qui piétinent sans regret ni honte.

Ce soir, elle m’a montré son âme et nom de dieu qu’elle est belle, j’en ai pleuré de tant d’éclats, en sanglots chanceux de l’avoir vu, de l’avoir touché du bout du doigt, sans en forcer l’entrée, j’ai attendu ce don et elle m’en a fait l’offrande.

Je vous le dis, braves gens, ils ont souillé son corps, mais jamais ils n’auraient pu toucher à son âme, celle-ci n’est pas à leur portée, ce ne sont que des hommes, ils se sont cru dieu, ils n’ont été qu’enfer, mais l’enfer ne fracasse pas les âmes pures, il ne fait que les effrayer.

Petits anges du monde entier, ne pleurez plus, vos âmes n’ont pas à avoir peur, laissez la fange aux monstres ordinaires, relevez le menton, marchez sans honte, l’infamie n’est pas pour vous.

Mon histoire s’arrête ici, braves gens aux regards humides, rentrez chez vous, embrassez vos petits anges et rassurez-les, je ferais une histoire qui finie bien, pour eux.


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MessageSujet: Re: Le petit ange   Mer 16 Nov - 20:23

A demi mot

Me voici à nouveau braves gens, le petit ange m’envoie, elle a voulu parler, c’est encore difficile pour elle, les mots sont une denrées rares pour celle qu’on a déchiré, ils sont la, mais la raison l’emporte et le cœur abîmé les retient, comme sur une grève, les mots chargés s’échouent et reste la, sans aller plus loin, sans être dit.

Pourtant, ses demis mots en disent long, plus long que vous ne pouvez en imaginer, j’ai pu les entendre, elle m’a offert ce présent et j’en pleure encore. Je voulais crier, mais ce n’est pas à moi de le faire, alors, je parle pour elle, parce qu’elle me l’a demandé, parce qu’elle a beaucoup de mots à dire et moi, je vous en fais la traduction. Mot à mot, d’un petit mot perdu à un autre retrouvé, d’un pas à l’autre, elle apprend à marcher, le pas suivant, j’apprends à l’entendre, ça fait mal, mais quand elle sourit d’un mot de plus, nom de dieu que c’est beau.

Gens de jugement, vous l’avez fait taire, vos bons jugements ont enterré ses mots, elle a eu peur de dire sa peine, sa honte, sa colère aussi et plus que tout. Ses cris, que personne n’a voulu écouter, ils sont la, prêt à jaillir, saurez-vous les soutenir cette fois, braves gens de jugement.
Pour moi, elle a crié, dans ses silences, une vieille habitude sans doute, une habitude d’être montrer de vos doigts accusateurs, en bon juge, vous l’avez brisé, peut-être plus que ceux qui l’ont salis. Je prends son flambeau et je l’emporte loin, la haut, la où vos avis procureurs ne seront que des flammèches sans décision, la où les mots ont leur place, une place de choix, celle de son choix, pas du vôtre.

Mais, laissez moi vous raconter ses peines et ses joies, surtout ses peines, ses joies, elles, ont été entachées par deux fois. La première, par ces gens au visage ordinaire et qui l’ont souillé au plus profond, la où l’innocence née, la seconde, par ces gens aux bons jugements, ceux la qui prônent leur vérité, ceux la qui salissent une fois encore, par bêtise ou méchanceté ou bien les deux. Ceux la, que j’excrète pour s’être donné le droit de parler à sa place, comme s’ils avaient la vérité, parce qu’ils sont écouté, parce qu’ils sont de notoriété, ceux la, qui ont empêché ses cris de désespoir, de dégoût et de rage.

Pour elle, je vous emmerde, à cause de vous, elle reste apeurée et souffre au travers du temps, un temps précieux, un temps qui coûte et son lot de souffrances, j’aimerais vous le rendre, vous le cracher au visage, sur vos visages qu’on aime pas, mais que les autres admirent, parce que vous êtes de ceux qui jugent. J’aimerai vous gifler avec ses peines, pour qu’enfin, elle puisse rattraper le temps perdu et gâché, mais vous n’y comprendriez rien, vous y verriez agression, alors qu’il s’agit de don et vous trouveriez à redire, dieu l’en préserve, s’il existe.

D’ailleurs où était-il celui la, encore absent, toujours ailleurs et jamais la pour empêcher.

Voila, gens de bonne compagnie, juges et ordinaires, les mots affluent, mais je parle trop, j’ai peur de vous ressembler. Je vais retourner auprès d’elle, je vais écouter ses demis mots que je ne comprends pas toujours, je vais attendre le bon mot, pour lui rendre en sourire, pas celui que vous connaissez, celui la sera sincère.

A vous, petits anges de partout et de toutes les couleurs, mon habits aux milles couleurs portent vos sourires et vos peines, humblement, je vous embrasse du fond du cœur et vous demande pardon de trop parler.


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MessageSujet: Re: Le petit ange   Dim 20 Nov - 21:15

De mots en maux

Ce soir, si vous le permettez, je ne vais pas vous faire un spectacle, je vais laisser mon verbiage persifleur de l’autre coté du miroir, je vais simplement m’asseoir, la. Je vais ôter mon masque d’Arlequin, je vais le poser à coté de moi et je vais raconter son histoire, l’histoire que le petit ange m’a révélé, une histoire que beaucoup d’autres petits anges connaissent, une histoire qui commence bien, mais qui tourne mal, parce que les gens aux visages ordinaires ont décidé autrement, parce que ces gens la ne demandent pas, non, ils se servent et s’en vont sans repentir.

Maintenant, je peux parler, je sais qu’elle m’écoute, au travers de mes mots, ce sont les siens qui s’expriment enfin, alors, si le dégoût vous prend, ne m’en veuillez pas, ne lui en voulez pas, le dégoût, elle connaît.
Pourtant, c’est difficile, moi qui joue des verbes avec une certaine aisance, cette fois, je les perds au fil des pensées qui s’emmêlent en toile grisaille, mais il y a tant à dire, pardonne moi, petit ange, si mes mots tremblent.

C’est une petite fille, elle est à l’age où l’on contemple encore ses poupées même si quelques fois, il lui arrive de les oublier sur un coin de chaise. La vie devant elle, le chant des oiseaux pour accompagner ses chemins en pas sautillants, tant à découvrir et tant arraché. Le visage d’un prince charmant commence à embellir ses rêves de petites filles, elle a confiance, l’avenir est à sa porte, la vie lui sourit, elle le croyait.

En vautour de la chair, ils ont choisis leur proie, une pitance au regard ingénu de l’enfance, les monstres aux visages ordinaires se sont jetés sur elle, pour lui voler ses rêves d’enfant. Pour leur plaisir, il l’ont déchiré et brisé, sans entendre ses « non », puis, il l’ont laissé, allongé sur son lit de paille. Et elle, elle restait la, nue, le corps amputé, les larmes sur son visage aux yeux de biche, sans comprendre pourquoi, la honte et le dégoût en unique espoir.
Alors, elle a ravalé ses larmes, épousant l’image qu’on a fait d’elle, elle s’est relevée péniblement, elle a ramassé ses affaires d’enfant trompé. Elle n’a pas crié, les autres l’en ont empêché, lui faisant croire à pire encore, un mensonge de plus. Elle a continué à marcher, la tête enfoncée dans les épaules, la honte dans son corps meurtri, l’innocence volée et les regards accusateurs, comme chemin de croix.

Elle n’a rien dit, personne n’a su, qui aurait compris, désigner d’un doigt détracteur est un jeu facile pour les gens de bon jugement, elle le sait, elle l’a lu dans le regard venimeux de sa mère, maintenant elle se taire dans la répugnance. Mais, la croix est lourde à porter pour un enfant, elle finie par s’effondrer, elle baisse les bras de trop de cris retenus, de trop de salissures à laver, de trop de douleurs emprisonnées, l’issue elle ne la choisie pas, elle s’impose. Elle salue Faust en dernier pied de nez et se blottie dans les bras d’un Morphée, pour l’éternité.

Elle ne veut pas, mais ils l’empêchent, elle se débat, s’acharne en vain, elle ne veut plus vivre, pas dans ce monde où l’on détruit les enfants. La fenêtre est la, elle se lève vacillante, hagarde, maladroite elle avance un pas, puis un second, elle veut sauter, rien ne la retient, elle a mal, elle se dégoûte, se sent sale, souillée au plus profond d’elle, mais encore une fois, on lui vole ses droits et on l’empêche. Sans force, elle se débat encore, elle veut mourir, les autres l’attachent au lit, elle vivra, ils l’ont décidé.

J’écoute mes mots et le dégoût me gagne, la colère m’emporte et j’ai envie de hurler, de crier et de balancer mon poing à la face du monde entier, je voudrais retrouver les bourreaux qui l’ont cassé, je voudrais leur faire avaler mes coups, leurs cracher ma rage et frapper leur visage ordinaire de mon sceau, pour qu’on les reconnaisse et que plus jamais, leur vie ne soit sereine, qu’on les montre du doigts et qu’on leur jète la pierre, mais je ne peux pas, le temps m’en empêche, ce putain de temps qui tue les enfants.

Vous les juges, gens de bon jugement, je vous vomis, je vous hais, vous et vos jugements, ceux qui tombent en sentence indiscutable, vous qui clamez vos bons airs et vos bons sentiments, vous qui jugez sans savoir et d’orgueil affiché, protégez les bourreaux.

Je reste la, assis au bord de ce décor amer et je remets mon masque de clown triste, ce soir, il cache les larmes qui brouillent la vue et la colère qui déforme les traits, je prends mon visage entres mes mains, pour y déverser mon chagrin de colères et de peines.
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MessageSujet: Re: Le petit ange   Ven 28 Avr - 9:21

A bout de mots

Ce soir, mes amis, sœurs ou frères, je reviens ici vous parler encore une fois, sûrement la dernière, le petit ange s’est éloigné, il a franchi son mur du silence, balayé les inscriptions qui le nommaient sur le mur des lamentations, maintenant, il sourit.

Approcher braves gens, le spectacle prendra fin ce soir, peut-être après demain, qui peut le savoir, les monstres aux visages ordinaires rodent, sournois, le vice ficelé aux tripes, la haine en guise de drapeau, méfiez-vous d’un sourire en biais, fuyez celui qui vous promet la lune, celui la, cache peut-être un jeu de taquin, un jeu cruel, pour celui qui n’en connaît pas les mises.

Prenez place, posez vos airs suffisants et écoutez les mots, ceux qui viennent du cœur, pas ceux qu’on brandit comme un étendard d’hypocrisies, de mensonges en tromperies démagogiques ou en faussement d’honnêteté. Les miens sont modestes, ils ne sont que, ce que vous entendrez, ouvrez vos cerveaux, la tache est difficile, les monstres rodent encore, ne l’oubliez jamais. Les petits anges le savent, pour eux, messires et mes sœurs, baissez vos regards arrogants, mouillez vos yeux d’un rien d’humilité et oubliez vos nombrils si saillants qu’ils vous aveuglent.

N’ayez crainte braves gens, pas de moi, approchez, je ne mords que celui qui le mérite, je raille celui qui m’inonde de son ignorance, j’exècre celui qui refuse de voir, je vomis celui qui se pose en maître à penser, avec les bonnes pensées qu’ils se donnent, d’un droit qui ne lui appartient pas, celui qui montre de son doigt fielleux, la victime, l’accusant de mensonge, oubliant les souffrances qu’il engendre par sa putride théorie du bonheur achevé dans la victimisation fortuit.

Vous en connaissez, j’en suis sur mes amis d’aujourd’hui et d’après demain, vous les entendez se gausser du malheur, rire en éclats adipeux et baver leur fiente sottise sur le dos d’une souffrance, fièrement arborant leur raison, la bonne, forcément, ils savent eux, ce qu’est la souffrance divine, celle qui vous ouvre les entrailles chaque soir avant de dormir, rongeant vos os, drainant vos sens exacerbés jusque dans les tréfonds de votre histoire, vous blessant encore et encore, dans un ballet infatigable, imbattable, berçant cette douleur infernale, sans jamais en arrêter le chant insoupçonnable.

Suppôts de l’idiot, venez, prenez place, l’assemblée vous attend, elle veux entendre votre versé satanique, elle veut voir vos visages sans la honte pour les rendre plus beau, venez, prenez place, posez votre pourriture éperdue sur ces chaises, elles sont modestes, faites de bois et de paille, mais elles sont l’honnêtes fruits d’un labeur et d’une sueur, qui vous sont inconnus.

Regardez-les braves gens, ils sourient, ils n’ont rien vu, rien entendu, les mots du cœur sont un langage d’autre part pour eux, ils sont d’un autre monde, ils voyagent d’un pas au suivant sans jamais s’arrêter pour voir un petit ange secouer sa peine sous leurs yeux fermés, jamais ils ne tendront leurs mains graisseuses vers un sourire, qui n’offre pas pécule, il préfèrent compter et afficher, en signe extérieur de leur richesses insolentes, affublant un autre petit ange d’un regard hautain, un de plus, pour ne jamais avoir à s’excuser, jamais.

Putrides qui voyaient les poutres dans tous les yeux, je vous méprise, je crache sur vos airs supérieurs, que vous présentez avec la fierté du paon, son intelligence mimée, contemplez vous dans ces miroirs aux alouettes, admirer le travail de mille souffrances que vous véhiculez ou pire, que vous ignorez, préférant n’y voir que futilité, petit mensonge ordinaire ou suprême puéril, moi, je sais vos leurres faux et triche avec votre indécence, je pleure de votre suffisance, de votre dédain, de votre orgueil démesuré et insultant outre mesure.

Laissez-moi, sortez braves gens, ma peine est celle des petits anges, le mien s’en est allé, maintenant sont cœur sourit, ses yeux ne mouillent plus les manches, ses cris sont devenus de douces mélodies que j’aime à supposer, son visage n’a plus besoin de se cacher dans les stratagème de ceux qui ont mal, sans pouvoir hurler. Maintenant, mon petit ange regarde ailleurs, un jour nouveau, plus loin, autre part, dans un autre monde, au delà de tout ce qui nous dépasse, il est au chaud, son corps maintes fois brisé et souillé, peut enfin se reposer et mes sanglots ne seront plus jamais vains, jusqu’aux prochains.

Sortez braves gens…


Pour toi.

_________________


Speaker Trapp Etc
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